Martinet

De Wikivalais

Ces espèce de fusées, ces faux volantes, qui rasent les cols dans un sifflement d’air caractéristique, ou qui forment des carrousels tout cliquetant d’appels joyeux, qui se faufilent entre les maison des vieux quartiers pour aboutir sous les avant-toits ces oiseaux noirs qui boivent ou se baignent dans les eaux calmes sans interrompre leur vol, ne sont pas des hirondelles mais DES MARTINETS !

Leur vol n’a pas la souplesse de celui des hirondelles. Regardez ces dernières monter, descendre, virer rapidement : elle crochètent de la dentelle quand les martinets ne sont capable que de trajectoires tendues, de larges virages négociés à 100 km/h.

Un corps en fuseau, des pattes réduites à de simples crochets, des ailes qui, fermées, dépassent le corps, tout est sculpté pour accroître la vitesse. Même leur mode de vie en est marqué : pas de poste de chant, pas de territoire pour ces fils d’Eole qui ne prennent même pas la peine de se poser pour dormir, pour récolter les brindilles destinées à la construction du nid, pour s’accoupler…

Ce chasseur de plancton aérien, libre comme l’air, anime les villages, survol les campagnes et n’hésite pas à tutoyer les plus hauts sommets s’il y trouve des insectes portés par les ascendances estivales. Mais une vague de froid, un front pluvieux suffisent à le priver de toute nourriture. Il doit alors entreprendre d’importants déplacements pour contourner la dépression et trouver la manne hexapode. L’escapade peut l’amener à des centaines de kilomètres de son domicile, et durer plusieurs jours. Les jeunes au nid entrent alors en torpeur et son capables de tenir quelque temps sans ravitaillement puisant dans leurs réserves de graisses. De là un séjour au nid qui atteint une durée de 34 à 48 jours, record pour un si petit oiseau. Alors que le martinet noir niche presque exclusivement sur des bâtiments et anime nos villages, son cousin géant à dos brun et ventre blanc le martinet alpin, est resté fidèle aux parois rocheuses dans les Alpes, mais niche sur les grandes bâtisses des villes du Plateau. Moins nombreux que le noir, le martinet à ventre blanc, qui habite falaises et gorges, se voit plus rarement. Sans ses puissantes trilles on ne connaîtrait guère ses sites de nidification tant il est malaisé de repérer ses nids cachés dans de minces fentes accostées subitement au passage. On sait néanmoins que l’espèce se reproduit au Roc-Vieux sur Evolène, dans les gorges des Pontis, dans les immenses parois de Loèche-les-Bains et de Chamoson, dans les gorges de la Borgne.

De patientes observations des colonies urbaines du Plateau suisse révèlent que les martinets apportent à leurs jeunes de petites boules de deux à trois grammes pouvant contenir jusqu’à 700 invertébrés avalés en vol : papillons, araignées, coléoptères forment la bouillie nutritive des jeunes martinets à ventre blanc qui passent de 53 à 66 jours au id, selon les conditions météorologiques. Cette longue préparation est nécessaire.

Bibliographie

  • Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994

Article connexe



Outils personnels