Marmotte

De Wikivalais

Malgré sa corpulence nettement supérieure à celle du lièvre blanc, la marmotte n’est pas notre plus gros rongeur : cet honneur revient au castor. Vivant à la limite des neiges pérennes, dans des conditions climatiques et écologiques extrêmes, elle réussit, avec ses 4 à 5 kg, une belle performance. Mais comment survivre jusque sur les derniers gazons perchés entre deux rochers, parfois à plus de 3000 m et devenir aussi grosse ?

Sa taille ne lui permet pas d’adopter la stratégie des campagnols qui restent actifs tout l’hiver dans des galeries sous la neige, vivant de réserves accumulées en automne. Elle n’est pas équipée de « raquettes »comme le lièvre variable. La marmotte « meurt » un peu et ne connaît que la belle saison de la montagne. En septembre-octobre, après s’être gavées d’herbe durant tout l’été, les marmottes bien grasses, vident leurs intestins et disparaissent deux à trois jours plus tard dans un grand terrier d’hibernation dont elles ferment l’unique ouverture avec un bouchon de terre, d’herbes et de cailloux. C’est là, qu’elles passeront l’hiver, en famille, endormies sur un tapis de litière comptant 12 à 16 kg d’herbes sèches, ne se réveillant qu’une fois par mois, pour déféquer dans une chambre spéciale de leur terrier. Le groupe familial, comptant de 3 à 20 marmottes, parvient à régler la température du terrier, un peu comme les vaches tempèrent leur étable. A environ 12°C, le rythme cardiaque descend à deux à trois pulsations par minute, tout comme le rythme respiratoire, réduisant ainsi fortement la consommation de graisse.

Que la neige tarde en automne ou s’éternise au printemps ne change guère la durée du repos. Tout au plus note-t-on une légère avance de 15 jours environ sur les versants exposés au sud. Durant les six à sept mois de sommeil hivernal les marmottes perdent environ un tiers de leur poids ; cela peut être fatal aux jeunes. Des travaux récents ont démontré que les familles peu nombreuses ne parviennent pas à assurer une température permettant la survie des jeunes de l’années, encore fragiles. Cette pression sélective serait à l’origine de comportements sociaux que l’on ne trouve pas chez les marmottes vivant dans les plaines d’Amérique ou de Russie ; dans les Alpes, les jeunes restent plusieurs années dans le groupe familial et le patriarche tolère les accouplements des jeunes mâles avec la seule femelle qui met bas.

Bibliographie

  • Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994

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