Linotte mélodieuse

De Wikivalais

Comme leurs cousins les chardonnerets, les linottes, granivores stricts, ne mangent ni insectes, ni bourgeons. A l’instar du venturon, elles s’approvisionnent en oligo-éléments en récoltant le salpêtre des murs. C’est la linotte, l’oiseau des vignes qui cache son nid dans les buissons, parfois dans les ceps, mais se nourrit dans les milieux ouverts: pelouses sèches, prairies de fauche.

La linotte retrouve la même structure de biotope, juste au-dessus de la limite des forêts où les épicéas isolés, les genévrier ou les rhododendrons permettent un espacement régulier des nids voisins, réduisant les conflits et les risques de prédation. A Riederalp, Monika Frey a constaté que les linottes arrivent sur les lieux de nidification dès que 10 % environ de la surface est libre de neige, soit entre mi-avril et début mai selon les années.

Des troupes suivent alors le front de neige à la recherche des semences de l’année précédente. Elles tirent rapidement profit d’un champ de carlines ou de rumex libéré par la fonte et regorgeant de graines. Dans le courant de mai, quand 30 à 40 % du sol est libre de neige, les couples se constituent. Plus tard encore, accompagnée par le mâle qui chante, surveille les environs et la nourrit fréquemment, la femelle construit le nid. La ponte est déposée entre le 20 mai et le 5 juin, soit trois à quatre semaines plus tard qu’en plaine et peut être retardée par des retours de froid. Une froidure survenant après la mi-juillet fait cesser la ponte. La disponibilité des semences détermine la localisation des gagnages : les linottes n’hésitent pas à parcourir plus d’un kilomètre pour exploiter des semences abondantes et nutritives (prairies avant la fauche), mais restent à proximité du nid durant les périodes où les ressources sont uniformément réparties et tant que l’effort de déplacement n’est pas compensé par une meilleure récolte.

Bibliographie

  • Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994

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