Lieux humides

De Wikivalais

Lacs, étangs, mares, marécages boisés, marais herbeux, tourbières, roselières, prairies humides, sources, bisses, canaux: les lieux humides existent sous de nombreuses formes. Ils présentent à première vue moins d'attrait que les tapis fleuris des prairies sèches ou des pelouses alpines. Mais l'eau les anime. Partout où elle est présente, la vie explose. L'eau jaillit, court, saute en cascades, stagne. Froide ou tempérée, acide ou calcaire, pure ou polluée, coulant à flots ou en minces filets, elle entretient une végétation spécialisée, très localisée et très diversifiée. En Valais, les lieux humides présentent d'autant plus d'intérêt qu'ils se rencontrent dans une large gamme d'altitudes.

Nos ancêtres ont parfois payé de leur vie l'aménagement des bisses destinés à amener l'eau jusqu'aux villages et aux cultures. Ils ont donné aux lieux humides des noms évocateurs: la Maraîche (Salvan, Plex), les Marécottes, les Maretsons (Fully), les Moilles (Saillon et Val-d'Illiez), Moos (Ernen), Moosalp; le Louché (Lens), Ouché (Nendaz), Luché, Lucel, Lucet, venant du mot lac; Goillet, Gouilly, Goilli, Golasson, venant de gouille. L'eau est nécessaire à notre propre équilibre. Si elle effraie parfois lorsqu'elle se déchaîne en flots tumultueux, bien souvent elle détend et procure des sentiments de paix. Déjà tout gosse, j'écoutais le murmure du bisse coulant à deux pas de notre mayen; que d'heures passées à jouer dans l'eau! malheureusement, le bisse a disparu et pour mes enfants, il ne reste que le rêve…

Depuis l'avènement de la technique, le marais ont été systématiquement drainés ou comblés, au point qu'ils n'occupent plus même 1 % de leur surface d'antan. Plusieurs dizaines de plantes rares ont ainsi disparu du canton. Et les derniers lieux humides sont encore convoités pour des aménagements de toutes sortes. N'oublions pas cependant que les marais ont fourni les meilleures terres pour les jardins et les cultures dites maraîchères, qu'ils ont contribué à rendre le climat des régions séchardes plus agréable et plus sain, qu'ils ont constitué de précieuses réserves d'eau et qu'ils abritent des formes de vie très nombreuses et très fragile qui n'ont pas d'autres refuges.

Pénétrer dans un marais, c'est découvrir la transformation de la végétation entre la terre ferme et le plan d'eau, c'est s'interroger sur la formation de la tourbe, c'est s'émerveiller devant des fleurs inconnues d'une remarquable beauté, c'est pénétrer dans un monde étrange où se mêlent le clapotis de l'eau, le bruissement des roseaux et les cris des oiseaux. N'hésitez pas à chausser vos bottes, vous ne serez pas déçus!

Bibliographie

  • Philippe Werner, La Flore, Martigny, 1988

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