Lézard

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Le lézard des murailles

Le lézard des murailles s'aplatit sur les pierres réchauffées par un maigre soleil. Impossible de le confondre : c'est le seul lézard actif pendant la taille de la vigne, le seul que l'on peut voir tous les mois de l'année pour peu que le foehn souffle. C'est sa faible taille qui lui permet de se réchauffer même si la température de l'air reste inférieure à 1o C. Il atteint au-dessus de Randa les records d'altitude pour l'Europe, à 2100-2300 m.

Dans de bons biotopes , on peut compter jusqu'à 500 individus par hectare : de nombreux prédateurs en profitent, même ses cousines, les vipères, les couleuvres d'Esculape et les coronelles. Le plus fréquent de nos sauriens se contente de peu, recherche des espaces relativement nus et colonise les milieux remaniés par l'homme, jusqu'au cœur des vignes et des villages! Mais il évite les murs dont la base est asphaltée, préférant les ronciers, les éboulis et autres empierrements qui lui offrent des refuges.

Le lézard vert

Le célèbre lézard vert, sans doute le plus thermophile de nos sauriens, se montre de mars à mi-octobre. En plaine, exception faite de collines, ce géant à gorge bleue vit sur la digue de la rive droite du Rhône, de Brigue à Dorénaz. Dans les prés secs du coteau, il atteint 1500 m d’altitude sur l’adret dans la vallée du Rhône et les vallées latérales, et dépasse tout juste 1700 m dans la région de Visperterminen où se cultive le cep qui donne le Païen!

Ce prédateur d’escargots, de sauterelles et d’araignées recherche les hautes herbes recouvrant bien le sol et donnant une litière épaisse. En fait, la diversité faunistique des steppes lui importe moins que la biomasse et le couvert des prairies à chiendent intermédiaire, des fourrés de pruniers, d’argousiers, de ronces. Il habite aussi la lisière de la chênaie dont les branches touchent le sol. Chaque femelle dépose sa ponte en plusieurs fois, en juin et juillet, selon le principe bien connu de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier.

Le lézard des souches

Souvent le pied des haies s’enracine dans un enchevêtrement de cailloux jetés, année après année, sur la marge des parcelles. Une faune discrète s’active à l’abri dans ce labyrinthe : hérissons, musaraignes, campagnols, lézards y trouvent refuge. Bien des gens prennent le lézard des souches, courtaud et trapu, pour son cousin le lézard vert. Il est vrai que le mâle en noce porte également la gorge bleue, mais le lézard agile, comme on l’appelle aussi, évite les localités sèches. Il se rencontre souvent dans des milieux façonnés par l’homme : jardins, vergers traditionnels, meunières, talus de certains canaux, friches, lisières de l’ubac. Il est rare sur le coteau où il recherche la proximité des zones humides.

L'orvet

L’orvet, le moins héliophile des reptiles, s’expose peu au soleil et vit dans des biotopes plutôt frais et humides. Peu spécialisé. Il est largement répandu, montant au moins jusqu’à 1500 m. Ce lézard très sensible au brûlis, à la tonte des talus ou au désherbage chimique peut être localement abondant : Jean-Marc Pillet en a dénombré 150 sur un demi-hectare à Collonges ! Pour régler sa température, il se réfugie volontiers sous des plaques de schistes, de grosses pierres, parfois sous des tôles ou des planches abandonnées. C’est là qu’il chasse les cloportes et les limaces. Notre seul lézard apode s’enfonce volontiers dans une épaisse litière de feuilles mortes ou d’humus à la recherche de lombrics et d’araignées.

Le lézard vivipare

Vers le milieu du jour, dans les landes et les pelouses à peine déneigées, piéride du vélar, vif et rapide, et moiré cendré, au vol sautillant, profitent des premières fleurs de saison. Mais la plupart des papillons ne se montreront qu’en juillet, à l’instar du petit apollon, encore chenille. Gardons-nous de les écraser!

C’est ici, qu’en fouillant le sol du regard on apercevra peut-être la fuite pataude d’un lézard de montagne court et trapu. Comme son nom l’indique, le lézard vivipare a adopté la stratégie de la salamandre noire. Pour améliorer ses chances de survie dans les rudes climats qu’il fréquente, il met au monde des petits plutôt que de pondre des œufs. Ce lézard, inféodé aux régions d’altitude, monte au moins jusqu’à 2600 m et n’a jamais été vu au-dessous de 1500 m en Valais. Il habite les landes, les tourbières, les alpages. Localement, sur les versants ensoleillés, son domaine chevauche celui du lézard des murailles.

Bibliographie

  • Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994

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