Intermède radical
De Wikivalais.
Revenus dans les fourgons de l’armée fédérale, les exilés radicaux prennent le pouvoir sans coup férir en décembre 1847. Sous l’impulsion de Maurice Barman, le nouveau gouvernement se lance immédiatement dans une œuvre de rénovation législatrice. Quelques semaines seulement après la « révolution » radicale, la Constitution de janvier 1848, légèrement modifiée en 1852, établit les cadres formels d’un Etat moderne. Election du Grand Conseil au suffrage universel masculin, droit d’initiative populaire pour réviser la Constitution, incompatibilité des fonctions civiles, réaménagement du statut des communes et des bourgeoisies, liberté de presse, de commerce et d’industrie, organisation judiciaire et administrative: autant d’éléments qui permettent au Valais de satisfaire aux exigences fédérales et de tenir son rang dans la nouvelle Confédération helvétique.
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La réforme sociale
Pourtant, aucune réforme sociale sérieuse ne vient compléter l’édifice constitutionnel. Une fois au pouvoir, l’équipe menée par Barman semble borner son ambition à s’y maintenir. La « révolution » de 1847 se résume à une révolution de notables, une petite bourgeoisie d’offices et d’affaires bas-valaisanne se substituant à une aristocratie propriétaire foncière alliée au clergé.
La limitation du pouvoir de l'Eglise
Une réforme capitale à mettre à l’actif des radicaux a tout de même lieu sur le terrain social, c’est la limitation du pouvoir de l’Eglise. Après l’expulsion des jésuites, la grande affaire du gouvernement radical sera la sécularisation du domaine ecclésiastique, décrétée en janvier 1848. L’application pratique de ce décret est difficile, mais l’Eglise se trouve ainsi largement écartée du partage des richesses terriennes du canton et ce, au seul profit des radicaux, puisque les conservateurs comme les petits paysans sont exclus du rachat des biens du clergé. Cette mise en cause des pouvoirs religieux temporels fait sortir le Valais du climat de contre-Réforme qui régnait depuis 1844, sans pour autant déboucher sur un partage moderne des compétences entre l’Eglise et l’Etat.
Un projet central : l'éducation
En revanche, le gouvernement échoue dans la mise en œuvre d’un projet central de la propagande radicale, à savoir développer et moderniser l’éducation. A en croire une enquête de mars 1848, la situation est catastrophique : 282 écoles pour 11000 élèves, un personnel peu capable et insuffisamment nombreux.
Au printemps 1849, le Grand Conseil adopte une nouvelle loi sur l’instruction publique : école primaire obligatoire, une école par commune, scolarité minimale de cinq mois par année, brevet de capacité de l’Ecole normale requis pour enseigner… Mais en fait le Département de l’instruction publique n’a pas les moyens financiers de ses ambitions et ces projets ne se réaliseront pas.
Les impôts
Comme la Constitution fédérale de 1848 a supprimé l’essentiel des recettes cantonales – douanes et péages- le gouvernement est obligé de lever des impôts. La loi des finances de décembre 1850 prévoit un prélèvement sur la fortune et sur le revenu. Partout dans ce Valais qui n’a jamais connu un tel impôt cantonal, c’est la révolte. Les communes refusent d’abord de dresser les rôles d’imposition, puis sabotent les perceptions et favorisent les fraudes. L’Etat tente en vain de faire rectifier les rôles, la résistance passive rend la loi inapplicable. Le régime radical est confronté à une situation inextricable.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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