Intégration sociale de l'entre-deux-guerres

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De la fin du XIXe siècle à la Première Guerre mondiale, le nombre d’ouvriers a considérablement augmenté en raison du développement industriel. Il se stabilisera durant l’entre-deux-guerres. Cette évolution s’accompagne de l’émergence, puis de l’affirmation progressive d’un phénomène social, mis en évidence notamment à la faveur des crises. Il s’agit de l’obligation pour l’Etat de prendre en compte la situation du marché du travail, à envisager une législation de protection ouvrière et surtout une politique de défense de la main-d’œuvre indigène.

Sommaire

Les effets de la guerre et la protection ouvrière

La Première Guerre mondiale ne reste pas sans effets. Lors des grands travaux d’équipement du début du siècle, les conditions de travail et les salaires ne sont pas satisfaisants et de nombreuses grèves se produisent, dans le milieu ouvrier notamment. La question sociale passe au premier plan en Valais. Dès lors, il paraît nécessaire de mettre en place une véritable protection ouvrière. En dépit de la nouvelle base constitutionnelle établie en 1907, la législation ouvrière est peu développée et les travailleurs rarement bien couverts. En 1918, le député Camille Desfayes dépose une motion demandant une meilleure protection des travailleurs, aussi bien sur le plan économique que social. D’autres projets suivront et se heurteront à bien des oppositions, avant d’être finalement acceptés par le peuple en janvier 1933.

Les crises économiques

Les conditions générales de l’immédiat après-guerre se révèlent difficiles, et avec les crises économiques, notamment celle de 1920-1922, le marché de l’emploi est malmené et le chômage important. La situation va se redresser et se stabiliser à partir de 1925, mais le chômage saisonnier, lui, reste toujours présent. Se pose égalment le problème de l’intégration des travailleurs étrangers, venus pallier au manque de main d’œuvre indigène. Pour lutter contre les crises, la Confédération et les cantons se voient contraints de réagir et interviennent par l’octroi de crédits en faveur de l’assistance chômage et de la création d’occasions de travail, mais les sommes octroyées restent insuffisantes. A partir de 1937, la reprise de la production liée à l’économie de guerre, ainsi que les travaux d’équipement relancent l’offre d’emploi. La situation générale s’améliore.

L'assistance et les conditions sanitaires

Malgré l’amélioration des conditions de vie et de travail, la Confédération montre sa volonté d’assurer une protection aux catégories les plus défavorisées et vulnérables de la population. Ainsi, l’assurance maladie et accident (1890) et l’assurance vieillesse et survivants (1925) voient le jour. En revanche, la révision de la constitutionnelle de 1874 maintient la question de l’assistance dans les compétences communale et cantonale. La précarité est encore très présente et s’accompagne d’une situation sanitaire souvent désastreuse. Le manque d’hygiène, l‘insalubrité des logements, l’alcoolisme et la misère, ainsi que la sous-alimentation font des ravages, notamment dans les populations de montagne. Les infrastructures de soins sont peu nombreuses et le taux de mortalité élevé. Le débat sur l’assurance maladie obligatoire fait rage mais l’idée de prévoyance peine à s’imposer dans le peuple.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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