Insectes forestiers

De Wikivalais

Quel contraste entre le calme du sous-bois et l’animation de la clairière où le moindre rayon de soleil déclenche des concerts stridulants et provoque des envols colorés !

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Discrets ...

Décomposeurs d’humus cachés dans la litière, mangeurs de feuilles dispersés au sommet des arbres, mineurs du bois bien à l’abri des troncs pourrissants, la plupart des insectes forestiers échappent au promeneur. Les chenilles mineuses des feuilles de chênes n’émettent pas de stridulation comme le grillon : elles se manifestent plus prosaïquement par une pluie de crottes tombant du feuillage ou par des soies tendues lors de leur descente au sol pour la nymphose. Les tordeuses du mélèze connaissent une gloire douteuse par la couleur qu’elles impriment aux mélézins attaqués.

Scolytes et ips typographes n’illuminent pas le sous-bois comme l’ascalaphe la prairie, mais s’amoncellent dans les pièges à bostryches. S’il arrive qu’un gros et inoffensif capricorne sème la panique dans un pique-nique sylvestre, si l’on peut contempler les imposants sirex, jaunes et noirs, ces guêpes forestières qui injectent leur œufs profondément dans le bois mort à l’aide d’une puissante tarière, la plupart du temps, il faut arracher l’écorce ou scier un tronc pour découvrir les galeries de leurs larves dans le bois. Les chrysomèles, de petits coléoptères aux reflets verts ou bleus, qui percent les grandes feuilles de pétasites, figurent au nombre des insectes forestiers les plus remarqués, sinon les plus connus. Les rares papillons forestiers, bacchante ou tricis, passent en général inaperçus.

Mais nombreux

Pourtant l’abondance végétale des forêts nourrit un monde infiniment plus nombreux que les prés. Aux rares insectivores de la prairie, tarier, alouette, pipit, correspond ici une foule d’oiseaux, pics et mésanges, fauvettes et pouillots, roitelets e gobe-mouches. La taille des individus, le nombre d’espèces et les effectifs témoignent de la richesse entomologique de la forêt.

Sans même compter les fourmis des bois aux colonies innombrables, les insectes prédateurs sont souvent plus visibles que leurs proies phytophages. Il y a les noirs raphidies au long cou, prédatrices de pucerons et autres petits insectes, les gracieuses rhysses perforantes capables de repérer, à travers un à deux centimètres de bois, les larves de sirex et d’y déposer un œuf, à l’aide d’une longue et fragile tarière.

Bibliographie

  • Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994

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