Industrie pendant la Seconde Guerre mondiale
De Wikivalais.
La crise des années 1930 a laminé l’industrie valaisanne. En 1936, le canton ne compte qu’une septantaine d’établissements industriels qui occupent environ 3600 personnes. Cette même année, l’office cantonal du travail enregistre 10 700 demandeurs d’emplois. Les travaux d’utilité publique, puis l’économie de guerre vont résorber peu à peu le chômage et favoriser la reprise industrielle en particulier dans les pôles de Viège, Sierre, Martigny et Monthey. En 1940, le nombre des demandeurs d’emploi est réduit à 5125. Néanmoins, chaque année des centaines de Valaisans vont s’engager sur les chantiers de la Suisse centrale et orientale.
Confrontés à la pénurie des ressources énergétiques, les milieux intéressés prospectent des pistes nouvelles. Elles seront sans issue dans le domaine minier et pleines d’avenir dans l’hydroélectricité.
Des énergies nouvelles - Avec la fermeture des frontières, la Suisse perd une partie importante de ses approvisionnements en énergie. Le Valais tire son épingle du jeu grâce aux ressources du sous-sol et de ses rivières.
Dès 1940, en parallèle à l’envolée des prix du charbon, les anciennes mines d’anthracite rouvrent les unes après les autres. En mars 1941, la production atteint déjà 3 000 tonnes par mois. Elle s’envole à 8 000 en 1942 et atteint 14 000 en 1943. Alors le marché s’effondre. Il y aura encore une relative embellie en 1944-1946. Puis c’est la fin. L’anthracite valaisan n’a qu’un défaut : il brûle moins bien que le charbon importé.
Tout autre est le destin des ressources hydroélectriques. Exploitées par les grandes industries, elles trouvent un second souffle avec les premiers barrages d’accumulation. Pour faire face aux besoins de l’économie de guerre, de nouveaux projets sont mis en chantier. Ainsi, Alusuisse transforme le barrage de l’Illsee et exploite le Rhône dans la vallée de Conches. La Dixence annexe Cleuson. En 1945, une étude du Service fédéral des eaux préconise de regrouper, derrière un nouveau barrage, les eaux glaciaires de la Viège de Zermatt à la Dranse de Bagnes. Le projet de la Grande-Dixence est, lui aussi, fils de la pénurie de guerre.
Les grandes industries, dévoreuses d’énergie, se sont installées près des rivières qui peuvent leur fournir l’énergie électrique nécessaire. La Ciba à Monthey, l’Alusuisse à Chippis et la Lonza à Viège sont les principaux employeurs du canton. Sensibles à la crise, ces industries d’exportation bénéficient d’un fort accroissement de production avec les préparatifs de guerre. A partir de la dévaluation du franc suisse, l’embellie se confirme. L’aluminium donne le ton. L’usine de Chippis embauche à tour de bras et compte 2700 ouvriers en 1937, 4200 en 1942. Lorsque les difficultés d’exportation surviennent à nouveau, le nombre d’ouvriers d’usine, répartis dans moins de 100 établissements, stagne aux alentours de 7000.
Par ailleurs, le Valais compte un nombre important de petites entreprises qui n’attendent que des jours meilleurs pour se développer. Les conditions ne sont pas toutes propices. Les salaires valaisans sont de 30 % inférieurs à la moyenne suisse. Face à la difficulté de recruter de la main d’œuvre, les autorités font pression pour une augmentation des salaires. Quant à la formation technique, elle en est encore à ses balbutiements. Il n’y avait que 600 apprentis en 1935 ; il y en aura 1537 en 1946.
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