Industrie et tourisme de l'entre-deux-guerres

De Wikivalais.

Sommaire

Une période de transition

Touriste

Les années 1918-1950 représentent une période de transition entre le démarrage industriel du Valais d’avant la Première Guerre mondiale et la période de généralisation de la consommation au lendemain de la Seconde Guerre. Après l’essor de la production pendant le conflit, l’industrie entre dans une phase de stagnation, voire de recul, lors des crises de 1919-1922 et de 1930-1936.

Les branches dominantes de l'industrie

Les six branches dominantes, qui occupent plus de 90% des ouvriers, connaissent des évolutions contrastées. La chimie et la métallurgie sont en expansion. La construction accuse un fort recul entre 1910 et 1920 avec une diminution du nombre des actifs ; les travaux d’améliorations foncières de l’entre-deux-guerres permettent ensuite une relance puis une stabilisation de ce secteur. L’industrie alimentaire stagne et celle de l’habillement, prospère avant la guerre, s’effondre et perd plus de la moitié de ses effectifs. Quant à l’exploitation des mines d’anthracite, elle est relancée dès 1938 et fermera brutalement en 1943. Entre 1911 et 1944, le nombre des établissements soumis à la loi sur les fabriques passe de 80 à 92, et celui de leurs ouvriers de 2924 à 7324. Une quinzaine d’établissements occupent 70% des ouvriers en 1923 et 79% en 1937; cela est essentiellement dû à la prédominance de la chimie et de la métallurgie. L’appel à la main-d’œuvre étrangère diminue dans tous les secteurs.

Les causes de la phase de stagnation de l'industrie

Les causes de cette longue phase de stagnation de l’industrie sont à rechercher non seulement dans les crises mondiales, mais également dans les conceptions culturelles en vigueur dans l’entre-deux-guerres, ainsi que dans l’attitude du gouvernement valaisan. Au début du siècle, le démarrage industriel s’opère grâce à la main-d’œuvre et aux investisseurs étrangers ; les Valaisans ne sont pas préparés à relever les défis liés à l’intégration du Valais dans l’économie nationale. Avec le conflit, les difficultés sociales et économique auxquelles le pays est confronté sont de plus en plus interprétées par une partie des élites comme des méfaits de l’industrialisation et du matérialisme. Les défenseurs de l’identité valaisanne s’insurgent contre les promoteurs qui n’hésitent pas à sacrifier l’indépendance et les beautés naturelles du canton sur l’autel de la spéculation.

Les ressources naturelles : l'énergie hydraulique

Parmi les ressources naturelles du Valais, l’énergie hydraulique représente un enjeu économique important. Pour faire face à la demande croissante d’électricité, les usines sont modernisées et des grands barrages d’accumulation mis en chantier : Barberine, de 1920 à 1926, pour l’électrification des chemins de fer fédéraux, et la Dixence, de 1929 à 1935. Se pose dès lors la question de l’exportation d’une électricité largement produite par des infrastructures financées par des capitaux étrangers, allemands notamment. Des députés s’inquiètent et demandent à l’Etat de définir une politique permettant de réserver une part de l’énergie pour les industries locales et pour satisfaire les besoins du canton.

Le réseau routier

Bénéficiant des subsides fédéraux, le réseau des routes alpestres se développe. Jusqu’à la fin 1937, plus de 14 millions seront investis dans les routes, pour un développement d’environ 280 kilomètres.

Le tourisme

Le tourisme subit aussi les méfaits de la guerre. Désertées par les touristes, les stations d’étrangers accueillent, dès l’été 1916, les internés des armées étrangères ce qui représente toutefois un gain économique appréciable pour un secteur en crise. Après la guerre, les mesures de police qui entravent la libre circulation des étrangers, ainsi que les taux de change défavorables retardent la reprise de l’activité touristique qui se fera de manière effective dès les années 1923. Les infrastructures hôtelières sont alors modernisées et des stations telles Morgins, Champéry, Montana, Loèche-les-Bains, Zermatt, s’équipent pour les saisons d’hiver. En 1931, la crise brise l’élan. La dévaluation de franc suisse favorise le retour des étrangers et la politique touristique prend un tournant. La propagande est désormais financée par les taxes de séjour, et parallèlement l’intérêt des Valaisans pour la protection des paysages et du patrimoine s’affirme. Charles Haegler écrit en 1938 dans le Nouvelliste valaisan : « C’est le vieux pays que l’étranger veut avoir sous les yeux, lui seul, le vieux pays avec sa foi religieuse, ses traditions, ses coutumes et ses chalets ».

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

Articles connexes