Industrialisation (1848-1914)

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Sommaire

Les petites entreprises

De 1850 à 1890, le Valais ne compte que quelques petites entreprises, forges, distilleries, tanneries, scieries, bâtiment et génie civil, fabriques de draps ou de meubles. La plupart d’entre elles relèvent de l’artisanat plus que de l’industrie et leur production reste le plus souvent à usage local. Seule l’exploitation de mines et plus encore de carrières, d’ardoises surtout, fournit matière à exportation.

Dans les années 1890, l’activité industrielle valaisanne profite de la reprise et du renversement de la conjoncture mondiale. En 1884, il n’y a encore que 9 fabriques dans le canton ; en 1893 elles sont 17, 51 en 1906 et 80 en 1911. En l’état actuel de la recherche, on ne sait pas grand-chose de ces petites entreprises : qui sont les entrepreneurs, d’où vient le capital…

Les grandes usines

En revanche, on connaît un peu mieux les grandes usines qui s’installent en Valais au tournant du siècle. En fait, c’est le coût modeste des concessions hydrauliques pour l’exploitation de l’énergie hydraulique qui les attire. En effet, l’industrie chimique et l’industrie métallurgique, friandes d’électricité, ne tardent pas à investir en Valais. Elles se laissent également tenter par la perspective d’une main d’œuvre bon marché et docile. En 1897, Lonza (acides et engrais) s’installe à Viège et à Gampel. En 1904, Ciba ouvre une usine à Monthey. Une année plus tard, Aluminium-Industrie AG obtient une concession pour les eaux de la Navizence et met en chantier l’usine de Chippis ; la première coulée d’aluminium a lieu en 1908. Ce sont évidemment ces grandes usines qui modifient totalement la balance commerciale valaisanne : en 1910, les produits chimiques représentent plus de 60% des exportations du canton.

Les ouvriers

Le développement des industries offre du travail à bon nombre d’ouvriers plus ou moins qualifiés. A la veille de la guerre, ils sont environ 10000 en Valais, soit 24% de la population active du canton. Peut-on dès lors en déduire la naissance d’une classe ouvrière valaisanne à cette époque ? La question se discute. Le canton compte à peine 3000 ouvriers « de fabrique » qui travaillent dans des entreprises de plus de 5 personnes. Les autres sont encore liés à des exploitations de type familial ou artisanal. Et parmi les ouvriers de fabrique même, nombreux sont ceux qui conservent leur domicile au village et effectuent les déplacements quotidiens pour leur travail. Ces conditions de vie ne favorisent par l’éclosion d’une conscience de classe. Pourtant, le canton n’échappe pas à la vague des conflits sociaux que connaît la Suisse au début du siècle.

Les grèves

Les premières grèves enregistrées en Valais sont celles du Simplon, en 1899 et en 1901, qui concernent essentiellement des ouvriers italiens. En revanche, les conflits des années 1907-1910 – une vingtaine de grèves, assez dures et parfois longues – impliquent directement des ouvriers valaisans. Peut-être ont-elles suscité une première prise de conscience d’intérêts communs, une première prise de conscience de classe, mais pas suffisante en tout cas pour se traduire avant-guerre sur le plan politique.

La division du prolétariat

Dans le domaine politique, il faut reconnaître que l’embarras du choix contribue encore à affaiblir le prolétariat valaisan en le divisant. Du côté catholique, les sections de l’Association populaire catholique suisse proposent secours, formation et encadrement aux ouvriers agricoles, tandis que l’Union ouvrière des travailleurs catholiques valaisans, fondée en 1905 par l’abbé Jean Follonier, s’adresse plutôt aux ouvriers d’industrie. Dans les rangs « révolutionnaires », on est divisé entre deux tendances : dans le Bas-Valais, une tendance anarcho-syndicaliste, emmenée par Clovis Pignat, ne jure que par l’action économique et syndicale qui réunit ouvriers suisses et étrangers, alors que dans le Haut-Valais domine une tendance socialiste, dont Charles Dellberg est le leader, et qui croit à l’action politique menée par un parti. Cette division condamne à l’échec les premières tentatives (1906 et 1913) de fonder un parti socialiste valaisan qui ne verra le jour qu’en 1919.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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