Huppe fasciée

De Wikivalais

Certains oiseaux des espaces cultivés, la pie-grièche écorcheur et la pie-grièche à tête rousse, évoquent par leurs couleurs vives des images d’Afrique. L’agriculture importée de Mésopotamie aurait-elle entraîné avec elle, comme ce fut le cas pour «les mauvaises» herbes, des échantillons de la faune des tropiques ? La huppe, avec son plumage roux, bariolé de noir et de blanc, et ses plumes érectibles, renforce cette hypothèse. Son nom, que transcrit son chant: oupoupoup oupoupoup, désigne aussi sa coiffe.

Ce splendide oiseau recherche des cavités de belle taille pour sa couvée, trou du mur, plafond, arbre creux. Problématique en plaine, cette exigence peut encore être satisfaite sur le coteau. D’où les incessants va-et-vient de huppes qui vont récolter leur pitance à plusieurs centaines de mètres de leur nid, remontant par étapes entrecoupées de courtes haltes. La taille de la huppe lui impose des grandes proies : Jérôme Fournier a compté jusqu’à 300 apports quotidiens de nourriture à un seul nid de huppe. Parmi les proies recensées à l’aide d’un appareil photographique à déclenchement automatique, dans la région de Fully, les chenilles de noctuelles viennent en tête, avec 60 % du nombre, la deuxième place est occupée par la courtilière. Mais au poids, cette dernière prend la première place (80%), les chenilles ne pesant guère que 15% du total. En fait, les couples capturent la proie la plus favorable possible : la courtilière, quasi absente du coteau, domine dans le menu des couples de plaine. Armée d’un long bec courbe comme celui du crave, elle récolte ses proies dans le sol. Aussi lui faut-il un terrain de chasse dénudé ou à végétation rare et maigre : chemin de terre, aspergière, vigne désherbée, pré pâturé. Cette particularité lui permettant de prendre des proies inaccessibles aux autres oiseaux était autrefois un avantage, mais elle s’est transformée en piège aujourd’hui. La disparition des gros insectes menace la huppe autant que l’élimination des arbres creux ou celle des murs en pierres sèches. La huppe fasciée ne se maintient plus guère en Suisse qu’en Valais, en nombre chaque année plus restreint.

Bibliographie

  • Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994

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