Héritage politique

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La récurrence, dans le discours politique, de modèles identitaires relatifs aux particularismes valaisans traditionnels rend difficile l’analyse de son évolution au cours du dernier demi-siècle, car ils n’ont pas intégré les mutations en cours dans la vie matérielle et la société. Divers facteurs jouent un rôle dans la remise en question de l’héritage politique. La mobilité des personnes et la diffusion des informations ont modifié la manière de vivre et de penser des Valaisans. L’urbanisation, en relâchant les liens entre les habitants, empêche le contrôle des votes et la prévisibilité du comportement électoral. Les contacts se multiplient grâce au développement des loisirs, contribuant à décrisper les antagonismes dus aux clivages historiques.

Sommaire

La valorisation de l'idéologie conservatrice

Réception de Roger Bonvin, 1962

Dans la Suisse de 1945, les autorités réaffirment les valeurs patriotiques afin d’éviter les affrontements sociaux de l’après deuxième guerre mondiale. Ce climat de défense renforce la position des catholiques-conservateurs. Les élections au Conseil fédéral de Joseph Escher (1950-1954) puis de Roger Bonvin (1962-1973) confortent la position du parti. En ce qui concerne les autres partis, la minorité socialiste se renforce tandis que les radicaux stagnent.

Le renouvellement des forces politiques

Les grands remous idéologiques qui agitent les pays occidentaux durant les années 1965-1985 se traduisent en Valais par l’intérêt croissant des jeunes pour la politique. Sous leur impulsion, les partis dépoussièrent leurs programmes. Ils jouent également un rôle dans l’introduction du suffrage féminin, obtenu en Valais sur le plan communal et cantonal en 1970 (avec 73% de oui) et sur le plan fédéral en 1971. Le parti conservateur, lui, rejoint la grande famille des démocrates-chrétiens suisses et européens: ce repositionnement ne l’empêche toutefois pas de perdre des sièges au profit des radicaux.

En marche vers le pluralisme

De 1985 à 1997, les minorités socialistes et radicales gagnent des sièges alors que les démocrates-chrétiens subissent une nouvelle baisse. Les tentatives d’ouverture du parti, jugées préjudiciables par son aile droite, entraînent la fondation de mouvements qui s’attachent à réaffirmer l’idéologie conservatrice. La fondation du Parti écologiste (1985), du Parti libéral (1988) apparenté au FDPO, et du Parti chrétien-social (1997) élargit le choix électoral dans le Valais francophone.

La vie politique : du parti à la personnalisation

L’érosion des anciennes formations politiques est une conséquence des modifications structurelles qui affectent la société valaisanne. Jusqu’en 1965, l’origine, l’appartenance familiale, professionnelle et religieuse déterminent l’engagement de l’individu, alors qu’ensuite ce dernier remet plus volontiers en question les options d’un parti. Référence en Valais par sa pérennité dans l’exercice du pouvoir, le parti démocrate-chrétien essaie, de garder sa situation majoritaire en maintenant un équilibre délicat entre ses quatre principales composantes: le parti conservateur du Haut-Valais (CVPO), le parti chrétien-social haut-valaisan (CSPO), le parti conservateur du centre (PDCC) et celui du Bas-Valais (PDCB). Trop confiant, trop paternaliste, il n’a pas pris en compte les demandes présentées par les minorités, les femmes, les milieux ouvriers ou les nouvelles élites urbaines. Le parti radical démocratique valaisan, allié au FDPO, conserve son électorat durant la deuxième moitié du XXe siècle. Son attitude plus ouverte signifie que sa présence à l’exécutif est totalement intégrée par les citoyens. L’essor des libéraux ou des socialistes limite toutefois la progression des radicaux au Grand Conseil. Le parti socialiste valaisan comprend une section romande et une autre haut-valaisanne. Situé dans l’opposition, il enregistre une progression notable au Grand Conseil, où le nombre de ses députés passe de neuf en 1953 à vingt et un en 1997, année où il devient parti gouvernemental.

L'espace de référence s'élargit

Favorisée par les médias, la personnalisation de la politique discrédite un mode de fonctionnement fondé sur la délégation. Les élus tentent de rester le plus longtemps possible aux chambres fédérales, tribunes de choix pour les minoritaires valaisans qui, sur le plan suisse, siègent dans de grandes formations gouvernementales.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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