Grive

De Wikivalais

Ne manquez pas les premiers concerts des grives aux choristes si nombreux qu’il est presque impossible de les localiser. La musicienne, à peine revenue du Midi, répète ses strophes mélodieuses deux ou trois; la draine, qui a passé l’hiver à se nourrir de gui dans les pinèdes, lance ses couplets aux sonorités proches de celles du merle noir, et la litorne rassemble en une rengaine agaçante ses cris forts peu musicaux.

A l'inverse de la pie-grièche grise, dont l'appariation relève aujourd'hui de l'extraordinaire, un oiseau des taïgas sibériennes, la grive litorne, étend progressivement son aire vers l'ouest et le sud. Hôte d'hiver autrefois, elle a niché pour la première fois en Valais en 1946 à Morgins, puis dès les années 1970 dans le centre du canton. Depuis, elle a colonisé l'ensemble du Valais, nichant par endroits jusqu'à la limite supérieure des forêts. En hiver, des troupes importantes, comptant parfois des milliers de litornes, picorent les fruits abandonnés dans les vergers de plaine. Tous les après-midi, dès 14 heures, de petits vols, de plus en plus nombreux à mesure que l'heure avance, grimpent les versants de la vallée du Rhône pour aller dormir dans les forêts de montagne jusqu'à leur lisière supérieure, progressant par étapes, se posant ici sur un pin, là sur un épicéa. De nombreux oiseaux de proies savent profiter de cette manne qui monte de la plaine. Dans les vallées latérales, un petit nombre de grives litornes affichent le même comportement de transhumance. Cette habitude doit bien avoir une explication : est-ce un moyen d'échapper au lac d'air froid qui chaque nuit inonde les fonds de vallées ?

Dès que la neige recouvre le sol et dissimule la nourriture, lorsque la concurrence pour les sorbiers, les genévriers et autres baies devient trop rude, les litornes quittent nos régions pour gagner le Midi. Des jours plus pénibles commencent alros pour nos oiseaux de proies.

Bibliographie

  • Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994

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