Glaciations

De Wikivalais.

Que sait-on des glaciations en Valais, un siècle et demi après la découverte du phénomène ? Paradoxalement, fort peu de chose. En effet, peu de régions se prêtent aussi mal qu'une vallée de montagne à l'étude des glaciations: la raideur des pentes entraîne une forte érosion qui fait rapidement disparaître les dépôts morainiques. Il faut aller chercher la solution sur la frange des anciens glaciers ou, plus en aval, là où les sédiments s'accumulent. En aval de Lyon, la vallée du Rhône a conservé dans les graviers de ses terrasses fluviales l'histoire complexe de plusieurs glaciations successives interrompues par de longues périodes au climat tempéré, souvent plus clément que le climat actuel. Une fois de plus ce sont les fossiles, surtout les pollens fossiles qui nous ont renseignés sur ces conditions.

Malgré des recherches très fouillées, malgré l'utilisation de méthodes de plus en plus sophistiquées, malgré l'intérêt que portent à cette question les archéologues et tous ceux qui se penchent sur l'évolution de la faune et de la flore, on ne sait toujours pas le nombre exact des glaciations qui se sont succédé au cours des deux derniers millions d'années. Nous n'allons pas entrer dans ces considérations de spécialistes, puisque ces diverses glaciations n'ont pas laissé de dépôts en Valais. Mais, glaciers et cours d'eau interglaciaires ont progressivement façonné le relief sur lequel le dernier grand glacier a abandonné ses moraines.

Pour notre région, les plus anciennes moraines remontent à 20 000 ou 25 000 ans, à l'époque de la glaciation dite würmienne (du nom d'une rivière autrichienne). Débordant des Alpes, le glacier avait envahi le Plateau, buttant contre le Jura où il se divisait en deux lobes. Le plus méridional franchissait le Jura en aval de Genève pour descendre presque jusqu'à Lyon; le lobe septentrional longeait le pied du Jura jusqu'à Wangen, un peu en aval de Soleure. En Valais, la glace remplissait les vallées, noyant tout relief jusque vers 2500 m; seuls les sommets émergeaient de cette haute surface plane ou presque plane.

Bibliograhie

  • Marcel Burri, Les roches, Martigny, 1994

Article connexe