Géographie des affleurements

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Les roches du socle forment deux grands affleurements, l'un en Bas-Valais, en aval et à l'ouest de Martigny, l'autre sur la rive droite du Rhône, en amont de Viège. La localisation des deux affleurements de socle est déterminée par les culminations axiales. L’observation attentive de ces roches montre ces deux affleurements complexes, coupés par d'étroites zones de couverture qui les divisent, individualisant une série de "massifs" que les géologues ont baptisé: les massifs des Aiguilles-Rouges et du Mont-Blanc à l'ouest, les massifs de Gastern, de l'Aar et du Gothard à l'est.

Le massif des Aiguilles-Rouges (du nom de sommets dominant la vallée de Chamonix) est profondément entaillé par la vallée du Rhône dont il forme les deux versants entre Saint-Maurice et Martigny. Largement affleurant sur territoires français, il vient disparaître sur la rive droite du Rhône à cause de la dépression axiale. Les gneiss dominent nettement dans ce massif où le seul granite présent ne constitue qu'un affleurement étroit d'une belle roche exploitée à Miéville, dite granite de Vallorcine. Le synclinal permo-carbonifère, avec ses roches plus tendres que les gneiss environnants , a déterminé une vallée, celle du Trient,, qui isole la montagne de l'Arpille du reste du massif.

Contrastant fortement avec les Aiguilles-Rouges, le massif du Mont-Blanc est surtout riche en granite (protogine) mis en place, il y a environ 300 ma dans des gneiss plus anciens que lui. Hélas le contact entre ce granite et les roches n'est pas visible, car la frontière entre gneiss et granite est une faille qui cache les relations originelles entre les assises. Le granite du Mont-Blanc, grossier, riche en enclaves plus sombres, solide et résistant bien à l'érosion, détermine de grands sommets plus ou moins pyramidaux, tels le Mont-Blanc lui-même. Sur sa bordure orientale, le granite passe à une roche à grain plus fin, également très dure. Vous marcherez dessus si vous faites une fois l'effort de grimper sur le Catogne, ce dont vous serez récompensés par une vue somptueuse; ce sommet cônique, isolé, dont la forme évoque celle d'un volcan, se dresse presque au coude du Rhône, ce qui lui donne sa valeur de belvédère.

Dans les affleurements du Haut-Valais, le petit massif de Gastern ne touche le Valais que le long de la crête du Petersgrat, au nord du Lötschental. Il n'est constitué que d'un granite massif de grain moyen et riche en mica noir. Au contraire, le massif de l'Aar, présente d'excellentes conditions d'affleurement. Les gneiss qui en forment les bords sont une roche grise, feldspathique et micacée. Les granites centraux, se sont mis en place vers la fin du Primaire (âges radiométriques d'environ 260 ma). Ils dessinent une bande de plus de 100 km de long, large de 7 km en moyenne: c'est la plus imposante masse granitique de nos Alpes. La roche, grossière, montre généralement une orientation préférentielle des cristaux, ce qui la fait un peu ressembler à un gneiss. Les inclusions étrangères y sont plutôt rares. Ce granite n'affleure pratiquement pas sur les bords du massif. Celui qui voudrait le voir sans trop marcher, doit s'arrêter au col du Grimsel. Les balades autour d'Aletsch permettent d'en observer d'innombrables blocs dans les moraines du glacier.

Le plus méridional des massifs, le massif du Gothard, montre encore une fois la même structure: de vieux gneiss et des granites plus jeunes, pratiquement absents du territoire valaisan, sauf à la frontière orientale où affleure le granite de Rotondo. Les vieux gneiss comportent des types de roches bien différenciés, ce qui permit, encore mieux qu'ailleurs, de distinguer les gneiss issus du métamorphisme de roches sédimentaires (paragneiss) des gneiss issus du métamorphisme d'anciens granites (orthogneiss). Toutes ces roches peuvent être observées le long de la grimpée au col du Nufenen.

Les montagnes taillées dans les granites présentent souvent une forme pyramidale parce que le granite est une roche homogène, alors que les gneiss déterminent souvent des arêtes ou de grandes dalles qui suivent la schistosité partout présente dans ces roches. Cependant les faces et les dièdres ne sont pas rares dans les granites, déterminés par la présence, au sein de la roche, de surfaces de diaclases ou de failles qui représentent autant de plans d'érosion favorables.

Théoriquement les eaux devraient mal circuler à l'intérieur de telles roches compactes et imperméables. Les nombreux travaux en galerie exécutés dans nos Alpes nous ont appris que les eaux souterraines circulent le long de ces surfaces de diaclases et de failles, pouvant ainsi gagner de grandes profondeurs. Entre les failles, la roche est localement imperméable et sèche.

Bibliographie

  • Marcel Burri, Les roches, Martigny ,1994

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