Gélinotte

De Wikivalais

La gélinotte est sans doute répandue dans toutes les forêts du canton entre 600 et 1800 m. Discrète et peu visible dans le sous-bois touffu, cette poule de forêt aux teintes chaudes, dominées par le brun roux, passe inaperçue. Il faut savoir reconnaître ses pas dans la neige, observer la cicatrice des bourgeons arrachés, identifiés ses crottes trapues, découvrir ses plumes muées, décoder les cuvettes dans lesquelles elle a pris un bain de poussière ou qui témoignent d’une place de repos, pour certifier sa présence dans une forêt. Et pour compter sur le chant du mâle, entre mi-mars et début mai, il ne suffit pas d’avoir l’oreille fine; il faut savoir guetter un sifflement aigu, à peine audible à 100 m, qui rappelle la fin du chant du grimpereau des bois. Reste le bruit d’envol, typique des gallinacés aux rémiges solides qui trahit la fuite de la gélinotte et permet d’apercevoir la queue ronde, barrée de noir chez le mâle. Elle n’ira pas nécessairement très loin: j’ai ainsi pu observer tout à loisir un mâle qui s’était abrité derrière une branche, se contentant de cacher son œil.

Monogames, les gélinottes défendent des territoires de dix à douze hectares au début septembre. Les couples qui se constituent alors peuvent se dissoudre pour l’hiver et se reformer au printemps, sans que l’on sache s’il s’agit des mêmes individus. En hiver, ce petit gallinacé forestier recherche sa nourriture sur les arbres: bourgeons et pousses d’alouchiers, de sorbiers, de saules, chatons de noisetiers, d’aulnes et bouleaux figurent à son menu qui ne compte pas d’aiguilles de conifères. Point de surprise dès lors à ne la trouver que dans les boisements ouverts qui laissent assez de lumière pour la croissance de buissons en sous-bois ou dans les recrûs riches en broussailles et jeunes fûtaies. A Réchy, chaque couloir humide, envahi d’aulnes blancs, héberge un couple. Avec de telles exigences, les territoires voisins ne se touchent pas nécessairement, les vastes forêts sans sous-bois restant inhabitées. De juillet à novembre, la gélinotte recherche les petits fruits, mais prend aussi les graines de laîches et de graminées. Au printemps, elle doit se contenter des jeunes pousses, riches en protéines.

Bibliographie

  • Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994

Article connexe



Outils personnels