Frêne

De Wikivalais

Le frêne est l’un des feuillus les plus adaptables. Sous climat continental, il prend une stature un peu plus courte que dans les forêts hautes du Bas-Valais et se retrouve dans tous les coins pas trop secs de l’étage montagnard , généralement au voisinage de parcelles exploitées. C’est lui surtout qui donne l’ombre aux vieux sentiers, qui maintient la fraîcheur le long des bisses et qui enrichit le paysage des prairies d’innombrables haies et bosquets. La flore et la faune sauvages peuvent ainsi trouver refuge au milieu des surfaces cultivées. Les haies forment parfois un réseau si dense que certaines régions comme le plateau de Savièse, le coteau de Mund ou le cône de l’Illgraben, du côté de La Souste, ressemblent à de véritables bocages.

Le frêne a vraisemblablement profité des interventions de l’homme pour s’étendre au détriment des pinèdes et d’autres forêts d’origine. Son feuillage était très recherché pour le bétail, son bois pour les manches d’outils, les échelles et les attelages.

Le frêne supporte bien l’essartage grâce à une excellente capacité de régénération. Le frêne s’accompagne volontiers de sorbier alisier dans les recoins secs et rocheux, et de tilleul à larges feuilles dans les endroits un peu humides et chauds. Le cerisier sauvage, le noisetier, la viorne lantane et l’érable champêtre se rencontrent un peu partout dans les haies. Le lierre et la clématite grimpent parfois jusque dans les couronnes.

Moins répandu que le frêne, l’orme champêtre joue un rôle tout à fait analogue. A vrai dire, il faudrait plutôt parler de cet arbre au passé, car il semble bel et bien condamné par la graphiose. Cette maladie causée par un champignon microscopique et transmise par un bostryche a été importée chez nous dans les années quarante. L’orme formait alors de belles haies sur les coteaux ensoleillés. L’un des villages de Savièse, Ormône, lui doit son nom. De ces grands arbres, il ne reste aujourd’hui que des troncs secs et des recrûs broussailleux sans avenir.

Bibliographie

  • Philippe Werner, La Flore, Martigny, 1988

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