Follatères

De Wikivalais

Sommaire

Introduction

Pour le naturaliste, nul besoin de présenter Les Follatères: c’est un des hauts-lieux helvétiques de l’ornithologie, de la botanique et de l’entomologie, qui mériterait bien sa place dans l’inventaire des sites d’importance nationale. Chaque printemps y voit défiler les étudiants en sciences de plusieurs universités.

Cette excursion, coup d’envoi de la saison de terrain, est souvent l’occasion de découvertes inattendues: ces pentes n’ont pas encore livré tous leurs secrets.

L’importance de l’entité biogéographique charnière comprise entre Dorénaz et Branson a été reconnue très tôt par les scientifiques. Le botaniste autrichien Helmut Gams lui consacre une imposante monographie en 1927. De nombreux chercheurs viennent y étudier les organismes parmi les plus rares de notre faune et de notre flore. Ainsi le professeur Matthey de l’université de Lausanne trouvera en 1940 dans les Sagas, grandes sauterelles méditerranéennes qu’on ne trouve en Suisse qu’aux Follatères, un matériel de choix pour faire progresser la connaissance de la parthénogénèse. Cet intérêt des scientifiques pour le site ne s’est jamais tari, et suscite encore aujourd’hui de nombreux travaux. Parmi eux citons l’étude de longue haleine entreprise par la chaire de sylviculture et de l’Ecole polytechnique de Zurich, qui cherche à connaître la dynamique des forêts naturelles.

Pourtant certains ne voient dans Les Follatères qu’une étendue d’herbe folles, de broussailles et de forêts improductives, où l’homme devrait mettre bon ordre en aménageant, avec des moyens modernes, des cultures rentables. Ce point de vue n’est, bien entendu, pas partagé par les naturalistes qui affirment l’importance du site en s’appuyant sur de nombreuses publications. Il est vrai que la diffusion restreinte et la spécialisation de ces travaux ne sont pas faites pour édifier le plus grand nombre.

Nous vous invitons à vous arrêter un instant sur ce petit monde complexe et fragile. A lui trouver un charme plutôt qu’une valeur. Pour cela il n’y a pas de guide ni de marche à suivre. Il existe mille et une manière de découvrir ce site, en le parcourant pas à pas, le nez à terre.

Situation Géographique

L’arête des Follatères, située sur la rive droite du Rhône à la hauteur de Martigny, marque la limite géographique du Valais central. A cet endroit le fleuve fait un brusque coude, qui infléchit l’axe sud-ouest de la vallée en direction du Léman, vers le nord-ouest. En amont de la crête s’étend le coteau de Branson, baigné dans la lumière de l’adret valaisan. En aval, ce sont les pentes du Mont-Rosel qui descendent vers une vallée, vers la plaine et s’annonce au premier regard comme une frontière, un lieu de transition. Ce qui frappe le plus le promeneur qui remonte la vallée, c’est de voir s’étendre à proximité des croupes rocheuses un ondoyant tapis herbeux, parsemé de buissons balayés par le vent. Cette vision singulière indique qu’on atteint ici un seuil de sécheresse critique pour les arbres. Entre les rochers et la forêt se déploie tout un éventail de groupements de transition: pelouses très clairsemées et pauvres en vivaces sur les sols superficiels, pelouses de plus en plus denses avec l’épaississement du sol et, enfin, groupement de lisière aux multiples végétation herbacée que prospère la foule bigarrée des plantes et des insectes héliophiles du coteau.

Bibliographies

  • Raymond Delarze, Les Follatères grandeur nature, Martigny, 1988

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