Faune sauvage

De Wikivalais

Le Valais est un heureux pays où la faune sauvage est abondante et facile à observer. Les vallées de montagne et leurs vastes forêts, les pentes ensoleillées, les rivières parfois encore libres, les vastes pâturages alpins, offrent à la faune des biotopes de qualité. Les rencontres imprévues avec les animaux sauvages, porteuses d’intenses sensations de liberté, peuvent y être fréquentes. Elles ajoutent aux paysages la dimension vivante. Nombreux sont les biologistes, photographes, chasseurs ou simples promeneurs attirés en Valais par la faune.

La richesse de la faune valaisanne donne la mesure de la diversité des milieux qui abritent 49 espèces de mammifères terrestres et 24 de chauves-souris, près de 200 espèces d’oiseaux, 34 de reptiles, batraciens et poissons, 57 de libellules, enfin, près de 1400 espèces de papillons dont une centaine n’est présente pour la Suisse qu’en Valais.

Les grands mammifères parcourent toutes les altitudes. Particulièrement fascinants se révèlent: le brame des cerfs, en septembre, le rut des chamois et des bouquetins d’octobre à décembre, l’observation des cabris de chamois dans les nurseries en juin. Hôte caractéristique de la limite supérieure des forêts, le tétras-lyre s’abrite en hiver dans des igloos qu’il ne quitte que pour se nourrir de bourgeons et d’aiguilles de conifères; au printemps, son chant résonne sur les arènes de danse dès l’aube, spectacle impressionnant que certains ne manquent sous aucun prétexte. D’autres oiseaux originaux fréquentent les pentes bien exposées des pâturages: perdrix bartavelle, merle de roche et traquet motteux, plus haut, dans la proximité des névés, lagopède, accenteur alpin, niverolle et crave à bec rouge.

Pendant les heures chaudes de la journée, l’aigle et parfois même le gypaète, la buse et le milan, ou le rare circaète, tournoient dans les courants ascendants. L’observateur attentif peut même visualiser en été et en hiver les divers territoires des aigles, dont ils marquent les frontières de leurs vols ondulés. Caractéristique des Alpes et du Valais, le chocard à bec jaune, dès l’automne, vit en bandes dans les hauts pâturages et descend en hiver dans les villes et villages de plaine pour une transhumance quotidienne.

Le long du Rhône et des canaux, s’est réinstallé le castor, réintroduit depuis trente ans. Sa présence est signalée par les pistes, huttes, arbres et arbustes taillés et rongés. Le cincle plongeur, la bergeronnette ou même le rare chevalier guignette et petit gravelot fréquentent aussi les rivières; le hérons, canard, et martin-pêcheur, les étangs et marais. Sur les steppes et les chênaies ensoleillées les couleurs des papillons se mêlent à celles des fleurs, tandis que retentit le chant des fauvettes méditerranéennes et des cigales. Les zones agricoles retiennent ici et là la huppe, l’alouette lulu, la pie-grièche, le bruant ou le lièvre.

Protection des espèces sensibles

En Valais comme partout en Europe, la faune s’est considérablement raréfiée au XIXe siècle. Les chevreuils, cerfs, bouquetins, castors avaient disparu les premiers. Même le chamois était devenu rare. Les grands prédateurs, loup, lynx et ours, mis à prix par les autorités, furent aussi exterminés, tout comme le gypaète. Dès le début du XXe siècle, le Valais fut très actif dans la réintroduction de ces espèces disparues. Le chevreuil, le cerf et le bouquetin, réintroduits, ont vu leur population reconquérir tout le canton. Dès 1970, le lynx et le gypaète, réintroduits dans les régions limitrophes, et même le loup, protégé et en expansion en Italie, sont revenus, attirés par la grande qualité des biotopes. Leur installation est encore très fragile.

La chasse est très prisée en Valais. La grande faune est de ce fait plus visible dans les réserves de chasse où il faut savoir se rendre, tôt le matin, pour faire les meilleures observations. Les sites les plus favorables étant souvent fragiles, il est indispensable d’adopter des attitudes et des comportements compatibles avec la protection des espèces vulnérables. Car, en ce début du XXIe siècle, ce sont moins les tirs qui menacent les espèces mais bien plus la transformation de leurs habitats respectifs. L’urbanisation et la multiplication des routes et, d’une façon générale, une utilisation excessive de l’espace, enlèvent aux animaux sauvages refuges et tranquillité.

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