Espèces endémiques
De Wikivalais.
Les botanistes qualifient d’endémiques des espèces localisées, qui ne poussent que dans une aire géographique restreinte. Ainsi, la flore des Alpes compte 7 à 8 % d’endémiques, soit environ 350 espèces que l’on ne trouve pas ailleurs. Le nombre d’endémiques propres à un secteur de la chaîne est beaucoup plus faible dans nos Alpes centrales (6 espèces pour la zone pennine) que dans les Alpes maritimes (32 espèces), insubriques (26 espèces) ou sud-orientales (24 espèces), où se trouvaient des massifs-refuges plus étendus et au climat moins rude pendant les glaciations. La plupart des endémiques appartiennent à des genres riche en espèces d’altitude: saxifrages, primevères, gentianes, campanules… Certaines poussent cependant en dessous de l’étage alpin.
L’exemple le plus fameux d’endémique purement valaisanne est celui du genépi des neiges, petit genépi verdâtre qui ne croît que sur un seul sommet au-dessus de Zermatt. Pour d’autres espèces comme la campanule incisée, l’euphraise de Christ ou la gentiane rameuse, l’aire de répartition dépasse les limites du canton en direction du versant sud de la chaîne pennine et du Tessin. La campanule incisée se limite à la zone comprise entre les Mischabel à l’ouest, le massif de l’Aar au nord, les Alpes tessinoises à l’est et le Mont-Rose au sud. Moins fréquente sur le terrain, l’euphraise de Christ occupe approximativement le même territoire. Quant à la gentiane rameuse, plante annuelle à floraison tardive, elle s’étend dans le Haut-Valais et dans le massif du Gothard jusqu’aux Grisons.
D’autres endémiques propres aux Alpes sud-occidentales, ne poussent en Suisse qu’en Valais: saxifrage diapensie sur quelques sommets et oxytropis de Gaudin sur les sommets longeant la frontière du val Ferret au Simplon; joubarbe à grandes fleurs en un point isolé du val d’Entremont et de la vallée de Zwischbergen; séneçon de Haller en Haut-Valais; raiponce naine au-dessus de Zermatt; alysson alpestre sur le versant sud du Gornergrat.
Certaines endémiques présentent des sous-espèces vicariantes. Ainsi, la rare minuartie en coussinet, isolée en quelques stations du val d’Anniviers, des vallées des Vièges et du Tessin, se retrouve sous une forme légèrement différente en Autriche et dans le sud des Dolomites. La valériane celtique, strictement limitée aux hautes Alpes piémontaises et à la crête des Alpes pennines (Grand Saint-Bernard et bassin des Vièges), présente une autres sous-espèce 300 km plus à l’est, en Styrie. Dans ces deux exemples, l’aire de répartition d’origine a été probablement disloquée lors des glaciations.
Bibliographie
- Philippe Werner, La Flore, Martigny, 1988.
Article connexe

