Epervier d'Europe

De Wikivalais
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Modèle réduit de l’ autour, aussi forestier et discret que lui, l’épervier se voit davantage que son grand cousin parce que deux à trois fois plus nombreux. Taillé pour la mobilité en sous-bois, il se montre en milieu ouvert durant l’hiver, quand il descend chasser près des villages, en automne dans les vignes envahies de grives et d’étourneaux, en fin d’été lorsqu’il s’en prend aux merles à plastron dans les myrtilles ou en avril à l’occasion des parades nuptiales. Comme chez l’autour, il semble que la tâche de défendre le site de nidification soit dévolue à la femelle. C’est elle qui le plus souvent s’élève en orbes tranquilles au-dessus du site: sous-caudales érigées en pompon blanc, elle se met soudain à battre des ailes, d’un mouvement forcé, avant d’entreprendre une ou deux plongées, rarement plus. Sa petite taille ne lui permet pourtant pas de donner l’impression de puissance de son grand cousin l’autour, même quand il disparaît en piqué entre les épicéas. La rareté ce comportement, la faible taille et la discrétion de l’oiseau compliquent les recensements et rendent l’estimation de l’effectif hasardeuse. Ses exigences réduites, tant en espace qu’en qualité, permettent une plus grande densité que chez l’autour : les sites ne se trouvent guère à plus d’un kilomètre l’un de l’autre. Il arrive que l’épervier niche dans un bosquet de moins d’un hectare, simple élargissement de haie dans un bocage, ce qui lui ouvre des secteurs interdits à l’autour. L’effectif valaisan doit s’élever à 300 couples au moins.

En juin, dans le sous-bois, ce sont les mêmes signes que chez l’autour qui révéleront le site : fientes sur le sentier, plumes de passereaux sur une souche ou un rocher, plumes de mue de la femelle, appels de jeunes récemment envolés...Mais le peuplement choisi est plus dense, constitué de petits arbres, et le nid, de taille discrète, rarement à plus de 10 m du sol, reste difficile à découvrir entre les branches. Dans le même registre que celui de l’autour, le menu, avec une prédominance d’oiseaux, s’en distingue nettement par la taille des proies : la chouette de Tengmalm remplace la hulotte ou le moyen-duc ; les mésanges sont plus fréquentes que les grives, et les buses, corneilles ou lièvres sont absents. C’est que l’épervier est un minus ne dépassant pas 280g. Vous aurez compris que le voleur des poules c’est l’autour ! La nidification commence environ un mois après celle de l’autour, c’est-à-dire dans la première moitié de mai. Une couvaison plus courte et une croissance plus rapide vont faire coïncider l’élevage des jeunes éperviers avec la sortie des nichées des mésanges et des grives, facilitant la tâche des parents.

L’épervier n’a guère été plus étudié que la buse. Dans les années 1910, Alfred Richard a récolté, trois ans de suite, les restes de proies dans une aire d’éperviers en lisière supérieure de la forêt de la Heu, à 1800 m sur Fionnay. L’accenteur alpin représentait près de la moitié des captures ce couple qui chassait au-dessus de son site, dans les rochers et les pelouses alpines. Ainsi l’environnement, et une spécialisation individuelle, interviennent dans la composition du menu. Habituellement, ce sont les mésanges, les pinsons et les moineaux et, dans une moindre mesure, les merles et les grives qui tombent sous sa griffe.

Bibliographie

  • Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994

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