Enfants et la guerre
De Wikivalais.
Epargnée par le conflit qui ravage une partie du monde et qui met les pays voisins à feu et à sang, la population suisse vit néanmoins une période difficile, marquée par l’insécurité, la peur du lendemain, la séparation, le rationnement... (240 car)
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Les enfants réfugiés
Par rapport à l’hébergement des réfugiés civils et des internés militaires, l’accueil des enfants est autrement chargé de sentiments. L’innocence blessée, la détresse des petits, mais aussi leur faculté d’adaptation, trouvent facilement les clés de la pitié qui ouvrent les portes du cœur. Dès le début du conflit, la Croix-Rouge Suisse reprend à son compte l’action Secours aux enfants. Elle donne la possibilité à des dizaines de milliers d’enfants de faire des séjours en Suisse. Sous l’impulsion d’Elie Zwissig, la section valaisanne du Secours organise le séjour de centaines d’enfants dans les familles valaisannes. Ils y restent trois mois et laissent de profonds souvenirs dans les familles d’accueil.
Les enfants valaisans
Durant l’Entre-deux-guerres, de moins en moins d’enfants naissent en Valais. De 28 pour mille habitants en 1920, le taux de natalité tombe à 20% en 1939. Pour beaucoup d’analystes, l’avenir s’annonce sous de sombres couleurs et ils imaginent déjà les maisons d’école transformées en asile de vieillards.
Pourtant, à partir de 1940, la tendance se. Les générations nées pendant le conflit sont plus nombreuses que leurs devancières : 3900 naissances environ dans les années 1943-1945, contre 3000 seulement en 1937-1939. La majorité des enfants débarquent dans des fratries et un sur dix a plus de six frères ou soeurs.
Conscientes de la nécessité d’assurer la relève, les autorités nationales et cantonales prennent des mesures en faveur des familles afin de leur assurer un revenu constant. Cette politique trouve des applications pratiques jusque dans le détail. Ainsi en 1944, alors qu’une réduction générale frappe la distribution des coupons de textiles, « Les attributions de suppléments destinés à l’achat de trousseaux et de layettes ont toutefois été faites avec la plus grande compréhension pour les besoins de chacun ».
Travail et nourriture
Très tôt les enfants participent aux petits travaux de l’exploitation agricole. Bergers du gros ou petit bétail, cueillette, transports ou aide au ménage, ils sont des auxiliaires précieux. Aussi, les parents demandent-ils souvent des dispenses d’école pour leur progéniture.
Pour certains, il est même nécessaire d’intervenir pour leur assurer une nourriture convenable. Ainsi, le 5 mars 1943, le Conseil d’Etat décide de soutenir les œuvres de secours en faveur des écoliers dans la gêne. Il s’agit d’assurer « une nourriture saine et suffisante aux enfants dont les parents n’ont pas la possibilité de subvenir à l’entretien des leurs, ni d’acquérir les denrées auxquelles donnent droit les cartes d’alimentation ».
Dans le même ordre d’idées, des paires de culottes sont offertes aux garçons nécessiteux et en 1944, une action spéciale est entreprise en faveur des jeunes gens et jeunes filles nés en 1929 - ils ont 15 ans -, la Section des chaussures admettant une usure accrue de souliers pour les consommateurs de cet âge…
Les enfants à l'école
A la veille de la guerre, l’école primaire n’est pas un sujet de débats. Les événements internationaux y entrent par la petite porte. Cahin-caha, l’école se poursuit. En 1944, les 804 classes primaires, avec leurs 23 695 élèves, font face aux répercussions des événements qui se traduisent par de longues absences des maîtres, des congés spéciaux pour les travaux requis par le plan Wahlen, des fermetures dues à l’impossibilité de chauffer les locaux au plus fort de l’hiver et à l’absence de matériel scolaire. Conscient que ces générations pâtiront d’une formation entravée, le Département de l’instruction publique, entame une réflexion qui l’amène à constater que : « A l’époque des grands bouleversements, la société éprouve le besoin de faire l’inventaire de ses valeurs, de les réviser et de donner à l’enseignement une orientation conforme aux aspirations du moment ».
Il annonce la révision de la loi scolaire de 1907. Ce sera chose faite en 1946. Des députés souhaitent porter la scolarité obligatoire à sept mois. Le Département consulte les communes. Le verdict est sans appel : « L’immense majorité des communes, en particulier celles du Haut-Valais, […] estime inopportune une prolongation de la scolarité en ce moment ».
La santé des enfants
La santé des enfants est un bien précieux, affirme le Département de l’instruction publique. En 1944, il organise les visites médicales scolaires selon de nouvelles méthodes. La lutte contre la tuberculose reste la priorité. Elle trouve un second souffle pendant la guerre. Grâce à un don de la Loterie romande, le canton dispose d’une installation de radiographie transportable installée dans un fourgon automobile. Profitant de cette installation, le Département de l’Instruction publique décide de soumettre tous les enfants au contrôle. Une première tournée est organisée en 1944. La halte du Châble est immortalisée dans un magnifique reportage de Hans Steiner (Musée de l’Elysée).
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