Eglise du Valais, Xe - XIIe siècle
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En 888, à l’abbaye de Saint-Maurice, l’initiateur de la dynastie Burgonde, Rodolphe Ier, prend le pouvoir sur le pays. Une des caractéristiques des rois rodolphiens est qu’ils s’intéressent à l’Eglise du Valais, qui est alors aux mains des laïcs. Ils y exercent une protection quelque peu ambiguë. En 999, Rodolphe III donne à l’église Notre-Dame et à ses évêques le comté du Valais, afin d’augmenter les revenus de la cathédrale et en récompenser l’évêque. Les rois savent aussi faire largesse à l’Abbaye d’Agaune et à celle de Bourg-Saint-Pierre, propriétés de la couronne. Ils reconstruisent, par exemple, l’abbatiale de Bourg-Saint-Pierre, dévastée lors d’un raid sarrasin.
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L'évolution des cadres ecclésiaux
Dès le milieu du XIe siècle, l’Eglise commence à se libérer de la tutelle des laïcs et réforme ses propres institutions. Après la mort du dernier roi de Bourgogne transjurane, en 1032, la pression des laïcs sur le Valais est exercée par l’Empire germanique, mais surtout par la Maison de Maurienne-Savoie. Ainsi Aymon de Savoie accède au siège épiscopal de Sion et à l’abbatial de Saint-Maurice en 1034. La Maison de Savoie fait de l’évêque de Sion son vassal.
Le territoire diocésain
Toutefois, ni la présence de germanophones dans la haute vallée, ni l’étendue des terres du comte de Savoie n’entament l’unité du territoire diocésain. A l’intérieur des frontières du diocèse, l’abbé de Saint-Maurice, indépendant de l’évêque de Sion, tend sa juridiction spirituelle sur le monastère d’Agaune et sur les trois paroisses de Choëx, Lavey et Salvan.
Le Chapitre de la cathédrale et la cité de Sion
L’évêque a toujours eu autour de lui un groupe de clercs de différents ordres pour l’assister dans les offices liturgiques de la cathédrale et lui rendre certains services dans la direction générale du diocèse. Le Chapitre de la cathédrale de Sion est, au milieu du XIe siècle, bien en place et est pourvu de biens distincts de ceux de l’évêché. Celui-ci joue un rôle toujours plus important dans les affaires de l’Eglise et aussi dans celles du pays.
Une restructuration complète des services pastoraux
Du milieu du Xe siècle à la fin du XIIe, on assiste à un renouvellement des cadres ecclésiaux. Le service pastoral était en effet compliqué, pour des raisons tant juridiques que pratiques. Le but est d’assurer un meilleur service des fidèles, une accession plus commode à l’église paroissiale et un contrôle épiscopal plus précis sur l’ensemble du diocèse. Un réseau plus serré de paroisses baptismales est donc établi sur l’ensemble du territoire diocésain. Entre le milieu du Xe et la fin du XIIe siècle, le nombre de lieux de culte passe de 32 sanctuaires (dont 22 églises) à 70 (63 églises et 7 chapelles succursales). De nouvelles limites paroissiales sont définies, qui offrent un espace favorable à l’éclosion ou au développement de communautés civiles. Le système de désignation des desservants des paroisses est modifié. Ces améliorations exigent des transformations d’ordre géographique et un bon contrôle par l’évêque. A cet effet, les paroisses sont réparties en deux décanats, l’un en amont de Sion et l’autre en aval, sous la direction respective des doyens capitulaires de Sion et de Valère. Ces changements sont motivés par la poussée démographique qui a lieu au XIe et XIIe siècle. On reconstruit ou on transforme les églises du réseau. D’autres apparaissent, surtout dans les zones d’altitude vu que les besoins de ressources nouvelles poussent les paysans à y installer des habitations permanentes.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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