Eglise, IVe - XIIIe siècle

De Wikivalais

Le développement progressif de l’Eglise, du Ve au XIIIe siècle, constitue la nouveauté la plus importante de cette période. De nombreuses lacunes subsistent encore dans les connaissances actuelles, malgré les progrès réalisés depuis la publication du Père Iso Mueller, grâce à l’utilisation conjointe des textes et des acquis archéologiques. Diverses perspectives sont intéressantes à considérer : au cours du premier millénaire, comment vit-on la foi dans le pays, quelle est la profondeur de pénétration de la religion nouvelle face à la persistance de certaines conceptions préchrétiennes… Toutefois, on ne peut répondre avec réalisme à toutes ces questions.

Sommaire

L'Eglise de Martigny et son rayonnement

Afin de mieux saisir l’évolution et la croissance de l’Eglise en Valais, c’est à Octodure, l’antique Martigny, qu’il faut remonter. Mais nous ne savons pas exactement quand la première communauté chrétienne y est née ni qui fut l’instigateur de l’évangélisation. Grâce aux fouilles archéologiques pratiquées dès 1990 dans l’église paroissiale de Martigny, quelques réponses ont pu être apportées notamment en ce qui concerne la datation des premiers édifices paléochrétiens. Dès le IVe siècle, on assiste aux premiers rayonnements de la communauté chrétienne à Agaune et à Sion où l’on érige la première église funéraire Sous-le-Scex.

L'Eglise de Sion

Vers 585, le siège épiscopal est transféré à Sion. Puis à l’époque carolingienne des nouveautés sont instaurées. Pour éviter des querelles, l’évêque de Sion est en même temps abbé de Saint-Maurice. L’église baptismale peut fonder des succursales dans les campagnes, souvent avec l’aide de la population locale. Plus tard, sous les rois de Bourgogne, l’Eglise est largement aux mains des laïcs. Puis dès le milieu du XIe siècle, ce sont les cadres ecclésiaux qui évoluent. L’Eglise se libère progressivement de la tutelle de laïcs et réforme ses institutions. L’Empire germanique et la Maison de Maurienne-Savoie, qui fait de l’évêque de Sion son vassal, exercent leur pression. Malgré leur présence, le territoire diocésain maintient son unité. Dès le XIe siècle, le Chapitre cathédral de Sion joue un rôle toujours plus important dans les affaires de l’Eglise et du pays.

Du Xe à la fin du XIIIe siècle

On assiste à la restructuration complète des services pastoraux. Les cadres ecclésiaux se renouvellent afin d’améliorer le service aux fidèles. En raison de l’accroissement démographique du XIe et du XIIe siècle, le nombre de lieux de culte (églises, sanctuaires…) augmentent et l’on définit de nouvelles limites paroissiales.

Au XIIIe siècle

La vie paroissiale se déroule autour du château, quand il y en a un, et de l’église qui constitue un élément unitaire des groupements sociaux locaux, ruraux ou urbains. Grâce aux archives conservées, il est souvent possible de connaître les biens et les revenus de l’église locale. C’est dans le cadre des communautés paroissiales qu’apparaissent un peu partout dans le cours du XIIe siècle les confréries du Saint-Esprit dont la tâche est notamment d’aider les pauvres.

La documentation

La documentation archivistique de l’époque ne permet par contre pas de cerner avec précision la vie quotidienne du clergé et des fidèles. Seules des sources normatives, comme les décrets et les statuts synodaux, nous renseignent sur la manière dont le message évangélique est transmis et traduit dans la vie quotidienne des gens.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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