Egalité des droits

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La Diète entreprend de doter le Valais d’une nouvelle loi électorale (connu sous le nom de loi organique du 20 mai 1826) pour faire face aux aspirations des nouvelles classes (avocats, notaires, officiers) tout en limitant la participation des citoyens à la vie politique. La loi institutionnalise un mécanisme oligarchique centré sur le contrôle de l’élection du Conseil communal, corps intermédiaire entre le citoyen et le Conseil de dizain. Le Conseil communal se voit accorder des pouvoirs étendus. Les élections contribuent à perpétuer une politique de clans.

Sommaire

Pétitions et révolte

Dès le début de 1831, les pétitions contre la loi organique affluent. « Le peuple était complètement annulé dans ses droits politiques […] on nous rendait aucun compte de nos revenus considérables […] on conserve en place tous ceux et précisément ceux qui sont les plus contraires au bien-être du peuple ». En mai-juin 1831, le Bas-Valais se révolte contre les pouvoirs locaux et contre les riches. Toutefois le peuple est désorganisé et n’a donc guère les moyens de faire entendre sa voix. De plus, il se heurte à la désapprobation des milieux dirigeants qui, conservateurs ou libéraux, redoutent toute manifestation d’anarchie.

La rébellion de 1831

Faute de cohérence, la rébellion de 1831 ne conduit guère qu’à un vague aménagement du système électoral. Toutefois, l’entrée des membres des professions libérales dans la nouvelle liste des préséances, va permettre aux représentants de ces professions de l’emporter sur les anciens petits magistrats. C’est une brèche dans la tradition patriarcale du pays qui avantage les classes jeunes et les familles bourgeoises du Bas-Valais. De plus, cette rébellion marque un tournant dans la formation progressive d’une conscience politique. Le peuple remet en cause le régime de 1815. En 1833, la tension monte encore au sujet de la révision du Pacte fédéral.

Le projet de Pellegrino Rossi et la scission entre le Haut et le Bas-Valais

Il préconise un Etat fédéral assez fort pour assurer une régénération politique et économique du pays. Il répond donc aux aspirations nationales et bourgeoises. Ce projet provoque cependant une profonde scission entre le Haut et le Bas-Valais. D'un côté, les libéraux reprochent à la Diète la non-expression de la volonté du peuple; de l'autre, les traditionalistes sont farouchement opposé à toute modification du statu quo. En conséquence, les libéraux envisagent de constituer une Diète séparée des cinq dizains du Bas pour y discuter le Pacte fédéral. Le 11 avril 1833, les partisans du nouveau Pacte marchent sur Martigny. Ils s’y heurtent à une masse de « montagnards », farouchement opposés à la révision du Pacte. La « bastonnade » de Martigny déclenche une hostilité irréversible entre les milieux traditionalistes et les tendances libérales.

Un projet commun

Face à la victoire des traditionalistes et du Haut-Valais, le Bas-Valais surmonte ses divergences de clans et d’intérêts et se réunit autour d’un projet commun: réviser la Constitution en vue d’introduire la représentation proportionnelle par dizain. Regroupées pour la première fois, toutes les tendances libérales en appellent à la fraternité : « Le moment n’est-il pas venu de faire disparaître tous rapports de sujétion entre des hommes appelés à être également libres ? […] Assez longtemps le peuple du Bas-Valais a souffert, en patience, l’injure qui lui est faite par une Constitution qui le ravale ; assez longtemps, il a subi les effets de la dépendance dans laquelle elle l’a placé. Aujourd’hui que l’ancien esprit suisse s’est délivré des entraves dans lesquelles le privilège l’avait resserré, le Bas-Valais réclame aussi sa part, d’ailleurs inaliénable, à la liberté commune, à la souveraineté et au pouvoir législatif ». La pétition est rejetée en juin 1834. La demande ne sera réexaminée qu’en 1838.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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