Effets de la Première Guerre mondiale
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Augmentation du nombre d'ouvriers
Conséquence du démarrage industriel qui a marqué la période de la fin du XIXe siècle à la Première Guerre mondiale, le nombre des ouvriers a considérablement augmenté, pour se stabiliser dans l’entre-deux-guerres. Aux recensements de 1920 et de 1930, les branches des mines et carrières ainsi que de l’industrie et des métiers occupent ensemble 20,9% et 24,5% des personnes exerçant une profession. Même encore faible, cette évolution s’accompagne de l’émergence, puis de l’affirmation progressive d’un phénomène social, mis en évidence notamment à la faveur des crises, à savoir l’obligation pour l’Etat de prendre en compte la situation du marché du travail, à envisager une législation de protection ouvrière et surtout une politique de défense de la main d’œuvre indigène.
Les grèves
Lors des grands travaux d’équipement du début du siècle, les conditions de salaire et de travail sont à l’origine de nombreuses grèves. Ces mouvements plus ou moins spontanés, impliquant surtout des ouvriers étrangers, n’ont guère d’incidences sur les structures politiques locales. L’impact devient tout autre lorsque les conflits touchent les centres industriels et impliquent des ouvriers valaisans, ainsi lors des grèves à la Ciba en 1907 ou à la verrerie de Monthey en 1907 et 1910. Les milieux au pouvoir prennent alors conscience de l’existence d’une classe ouvrière, de la menace et des enjeux qu’elle représente.
La question sociale
En Valais, la question sociale passe au premier plan en 1917 avec la grève de Chippis, dont les répercussions vont dépasser les frontières cantonales et susciter les préoccupations du gouvernement fédéral et de l’armée. Son impact est lié, d’une part au fait que le mouvement frappe une industrie stratégique pour l’économie valaisanne et suisse et, d’autre part, qu’il touche le plus important employeur du valais, dont 80% des ouvriers sont valaisans. Pendant la Première Guerre mondiale, l’augmentation du coût de la vie, aggravée par une adaptation lente et incomplète des salaires, accélère la paupérisation des ouvriers. A cela s’ajoute la dégradation des conditions de travail. Cette situation est particulièrement choquante pour les ouvriers occupés dans les industries d’exportation qui profitent de la conjoncture de guerre, comme l’Aluminium de Chippis.
La classe ouvrière : révolte et intégration
En novembre 1918, la Suisse est sous le choc de la grève générale. 350 000 ouvriers manifestent leurs aspirations à des réformes sociales et leur défiance envers les autorités et l’armée. En Valais, seuls quelque 200 ouvriers, encadrés par le personnel des trains et des télégraphes, répondent à l'appel. En proclamant, avec la majorité de la droite nationale, l'essence étrangère de la grève, les élus du peuple cherchent à jeter le discrédit sur les revendications ouvrières. Dans un amalgame qui associe de manière obsessionnelle étrangers et péril social, des citoyens décident de prendre en main la protection de la patrie. Face à ces événements, une partie de l'élite bourgeoise prend cependant conscience que l'intégration de la classe ouvrière s'impose comme un des défis majeurs de l'après-guerre. A ses yeux, il s'agit de garantir la sécurité intérieure du pays et de ne pas laisser les « perturbateurs » exploiter la malaise social pour envenimer la lutte des classes et mettre en péril les institutions.
L'interventionnisme de l'Etat
L’idée de substituer au principe tangible du libéralisme une politique modérément interventionniste de l’Etat dans les domaines économique et social s’impose de plus en plus dans le discours politique. Au niveau national, diverses formations politiques élaborent des projets de réformes économiques et sociales. Sur le plan fédéral, la législation sociale de l’entre-deux-guerres a pour but ultime la nationalisation de la classe ouvrière. Pour garantir l’emploi, l’Etat est appelé à lutter contre le chômage et à protéger le marché national de l’emploi contre la concurrence étrangère.
L’intégration du Valais dans le nouvel espace social de la Confédération se fait à l’aune d’un canton où la classe politique dominante n’adapte que lentement ses programmes à l’évolution de la société. En outre, les mentalités acceptent difficilement les mutations d’un « pays » censé protégé par ses traditions et par ses spécificités.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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