Economie de marché (1945-1965)

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Après 1945, entraînée par la conjoncture mondiale, la croissance de l’économie suisse consomme de plus en plus d’énergie. Cette impulsion touche directement l’économie valaisanne ; elle favorise la concentration des activités et des travailleurs dans les chantiers des grands barrages d’altitude, les régions urbaines et les centres régionaux de plaine. Le Valais retrouve les facteurs de stimulation qui avaient permis un essor industriel entre 1895 et 1914, à savoir l’hydroélectricité, l’ouverture des voies de communication et le tourisme.

Sommaire

Le retour à la terre

Contraints par les conditions matérielles difficiles de l’entre-deux-guerres, dans l’impossibilité d’exercer une autre activité professionnelle, beaucoup de travailleurs étaient retournés à la terre. Le mouvement était encouragé par la mise en culture de la plaine, les difficultés d’approvisionnement et l’obligation stratégique d’étendre les surfaces cultivables afin de parer à la pénurie alimentaire. Après la Seconde Guerre mondiale, les Valaisans sont majoritairement occupés dans le secteur primaire, dans une proportion comparable à celle de la population agricole de la Suisse de 1880.

Valorisé et protégé durant les hostilités, le secteur primaire se trouve confronté au marché international dès la reprise des échanges commerciaux.

Le monde agricole en crise

Les agriculteurs subissent les conséquences de la mévente de leurs produits, fortement concurrencés par les importations de fruits, de légumes ou de vins étrangers. Produire ne suffit donc plus : l’écoulement des récoltes pose de graves problèmes. Le monde agricole traverse alors une crise matérielle et sociale. Les producteurs suisses obtiennent finalement une protection de la Confédération et les importateurs sont censés respecter, depuis 1951, la réglementation du marché.

Des manifestations paysannes

Toutefois, ce mécanisme a des ratés qui suscitent incompréhension et mécontentement. Ils débouchent sur des manifestations paysannes. Les tomates jetées au Rhône (1950), le blocage de la circulation routière et ferroviaire (1953) constituent les premiers épisodes marquants de la longue lutte menée par les producteurs contre les grands importateurs.

Un secteur en mutation

Ces difficultés conjoncturelles frappent un secteur primaire en mutation structurelle : il passe rapidement d’une économie de subsistance intégrée au marché local à une agriculture essentiellement commerciale. Parallèlement, des organisations comme l’Office de propagande pour l’agriculture valaisanne (OPAV, 1952) et l’Organisation professionnelle de l’économie vitivinicole valaisanne (OPEVAL, 1958) travaillent à élever la qualité des produits et à promouvoir leur image de marque. Entre 1950 et 1970, le nombre d’agriculteurs se réduit : ils passent de 42 à 15% de la population active du Valais.

Le Valais en chantier

Dans les années 1950, de nombreux chantiers sont ouverts en Valais. Lancées dans la course à la houille blanche, les grandes sociétés suisses investissent quelques cinq milliards de francs en Valais. L’édification des grands barrages d’accumulation explique la part prépondérante prise par le génie civil et la construction : en 1955, cette branche occupe 30% de la population active du canton alors qu’avant la guerre, cette proportion ne se montait qu’à 9%. Cet accroissement rapide résulte de la masse de travaux que la mise en place d’infrastructures impose – construction ou élargissement de routes, de ponts, percement de tunnels, barrages. L’aventure des grands chantiers d’altitude, qui modifie irréversiblement l’espace alpin, stimule l’économie valaisanne, crée de nombreux emplois salariés et fait oublier la crise de l’après-guerre, perçue comme un simple accident de parcours.

L'essor des services

L’importante augmentation du volume des affaires induites par les grands travaux hydroélectriques favorise, dès les années 1955, le développement des services aux entreprises. Les grandes banques helvétiques absorbent des établissements privés d’importance locale qui s’occupaient surtout de prêts hypothécaires ; elles ouvrent leurs succursales dans les villes valaisannes pour y offrir des services financiers complets.

L'atout touristique

L’après-guerre confirme les atouts touristiques du Valais : de 1952 à 1965, le nombre de nuitées hôtelières triple grâce au développement de Zermatt, de Crans-Montana et de Verbier. Il faut attendre les années 1960 pour que les télécommunications prennent de l’ampleur en Valais. Leur développement suit celui des échanges commerciaux, du tourisme et des nouvelles habitudes de vie.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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