Eboulis

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Les éboulis sont des amas de cailloux provenant de la désagrégation des rochers. La taille des pierres varie selon leur position dans la pente: les plus grosses se retrouvent en général tout en bas. Les éboulis mobiles restent pratiquement dépourvus de végétation. Par contre, les éboulis plus ou moins stables sont colonisés par des plantes spécialisées qui contribuent à fixer la couche superficielle. Certaines espèces comme le doronic à grandes fleurs ou l'adénostyle glabre possèdent une racine pivotante développée qui permet un ancrage solide dans les cailloux. D'autres comme la dryade à huit pétales ou le saule à feuilles émoussées tapissent l'éboulis d'un réseau de tiges qui produit de l'humus et amorce la formation d'un sol; les fragments détachés accidentellement d'un plant peuvent s'enraciner plus loin et contribuer au progrès de la colonisation végétale. D'autres espèces encore, comme le trisète distique ou la benoîte rampante, développent des rhizomes ou des stolons qui peuvent donner naissance à de nouveaux individus en cas de rupture. La flore des éboulis varie selon la taille et la nature des cailloux qui les composent. Nous n'évoquerons ici que quelques espèces parmi les plus caractéristiques.

  • Les éboulis calcaires sont colonisés par le doronic à grandes fleurs, le céraiste à larges feuilles, le gaillet helvétique et des petites Crucifères comme le cresson des chamois et le tabouret à feuilles rondes. La renoncule alpestre, le liondent des montagnes et la campanule du Mont Cenis se développent sur des matériaux fins. A l'étage subalpin, des plantes plus grandes comme l'adénostyle glabre, le pétasite paradoxal et la valériane des montagnes prennent le relais. La région de Montana-Anzère, entre la limite supérieure de la forêt et les hauteurs du Rawyl, offre un excellent aperçu de cette flore.
  • Les éboulis siliceux se caractérisent par l'oxyria à deux styles, le doronic de Clusius, le céraiste à une fleur et la benoîte rampante. Le val d'Anniviers, la région de Zermatt et celle de Chanrion au fond du val de Bagnes en offrent de bons exemples. L'androsace des Alpes pousse sur les matériaux fins. A l'étage subalpin, on rencontre l'oseille à écussons et le silène de rochers. Certaines plantes comme la linaire alpine et de nombreux saxifrages se rencontrent sur des éboulis autant siliceux que calcaires.

Bibliographie

  • Pilippe Werner, La Flore, Martigny, 1988

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