Eboulements

De Wikivalais.

Par chance, les éboulements sont assez rares: leur violence destructrice a beaucoup frappé les montagnards. Il suffit de constater l'abondante production littéraire et maintenant cinématographique inspirée de l'éboulement de Derborence pour s'en convaincre. L'accident, qui date de 1749, trouve son origine dans la présence de gypse à la base de la paroi des Diablerets; la moindre résistance de cette roche à l'altération suffit à mettre en déséquilibre toutes les assises qu'elle supporte. Véritable géant aux pieds d'argile (de gypse, mais ça ne vaut pas mieux !) les Diablerets restent une menace difficile à chiffrer. Plus proche de nous, l’éboulement d’une falaise au Six-des-Eaux-Froides en 1946 a été déclenché par une secousse sismique; mais la secousse n'a vraiment été que la goutte qui fait déborder le verre: l'érosion avait lentement mis le massif en déséquilibre.

Au printemps 1991, dans la vallée de Saint-Nicolas, une masse rocheuse d'environ 30 millions de mètres cubes s'est abattue sur le hameau d'Unterlärch, en aval de Randa, heureusement sans faire de victimes, mais les dégâts furent importants: route et voie de chemin de fer coupées, rivière barrée avec naissance d'un lac de barrage qui atteignit les maisons de Randa. L'éboulement s'est détaché d'une paroi de 400 m de hauteur, taillée dans les gneiss oeillés (granite métamorphosé). Au pied de cette paroi, un peu d'eau suintait normalement d'une fissure. En avril 1991, une période de dégel et de fonte de neige succéda brusquement à un froid intense. Il est probable que les fissures de la base de la paroi, encore pleines de glace, retinrent les eaux prisonnières dans les fissures, ce qui les mit sous pression. Il en résultat une diminution des frottements qui permit le décollement de la masse rocheuse. Ces accidents historiques restent bien modestes en comparaison de ceux qui suivirent le retrait des glaciers. Il y eut alors de véritables modifications de la topographie: celui de Finges a rempli tout le fond de la vallée.

Enfin, il faut signaler l'éboulement du Taurendunum qui a conservé tout son mystère, malgré les nombreuses hypothèses avancées à son sujet. Il s'agit d'une catastrophe de l'an 563 rapportée par Marius d'Avenches (et subsidiairement par Grégoire de Tours) affirmant que l'éboulement aurait fini dans le Léman, y engendrant une vague destructrice, après avoir détruit le château de Taurendunum. On a cherché la trace de ces éboulements dans la région des Evouettes, où il existe effectivement la preuve d'un éboulement non daté, et dans celle de Saint-Maurice où une crue du Saint-Barthélémy aurait pu barrer le Rhône et créer un lac temporaire; la rupture du barrage aurait engendré, sur les rives du Léman, les dégâts dont parle le chroniqueur.

Bibliograhie

  • Marcel Burri, Les roches, Martigny, 1994

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