Droits populaires

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Dans le Valais du premier tiers du XXe siècle, l’intégration des minorités politiques fait l’objet d’un combat de longue haleine, qui s’inscrit dans l’évolution d’une démocratie représentative et majoritaire vers une démocratie semi-directe et proportionnelle.

Sommaire

Seiler et la révision de la constitution valaisanne

Assemblée du Conseil bourgeoisial St-Luc - Anniviers, 1928

En 1903 déjà, une motion d’Alexandre Seiler au Grand Conseil, suivie d’une pétition en 1904, demande une révision de la Constitution valaisanne dans le sens d’une extension des droits populaires. Il s’agit de lutter contre un conservatisme « aristocratique » aux mains de grandes familles, notamment sédunoises et haut-valaisannes, qui monopolisent les hautes fonctions politiques. La nouvelle Constitution du 8 mars 1907 introduit le droit d’initiative en matière législative ainsi que le référendum obligatoire ; elle marque ainsi un passage à la démocratie semi-directe, adoptée au niveau fédéral par les révisions constitutionnelles de 1874 et de 1891.

L'élection proportionnelle

L’idée de l’élection proportionnelle des députés, développée sans succès à plusieurs reprises depuis 1876, rencontre, au lendemain du conflit, un accueil favorable de la part de la majorité conservatrice valaisanne. En novembre 1919, elle est acceptée par la commission du Grand Conseil. La presse se montre divisée. Alors que le Nouvelliste valaisan estime que le triomphe de la cause conservatrice est engagée dans cette réforme, le Walliser Bote est d’avis que la proportionnelle ne distingue plus le bien du mal, car elle reconnaît tous les partis sans distinction. Le Confédéré quant à lui se réjouit de voir les Valaisans voter non plus pour un parti, mais pour des hommes. Le 25 janvier 1920, le peuple accepte l’introduction de la proportionnelle par 59,6% des voix. Ce choix suscite un nouvel engouement pour les élections, bien visible lors du renouvellement du Grand Conseil en 1921, qui bénéficie d’une participation record de 85,1%.

L'idée d'un quorum

En 1930, bien que le nouveau mode d’élection ne remette pas en cause la majorité conservatrice, le Conseil d’Etat relève un risque d’effritement des partis et propose l’introduction d’un quorum. Débattue en 1938 dans le cadre du projet de loi électorale, cette idée est soutenue par les conservateurs, Michel Troillet en tête. Ils sont bientôt ralliés par les radicaux. Le 9 octobre 1938, le peuple valaisan accepte un quorum de 15%, abaissé à 10% en 1952 à la demande des partis minoritaires.

L’opposition des conservateurs empêche également l’extension du système proportionnel à l’élection des conseillers d’Etat. En 1928 et 1943, deux motions radicales échouent successivement ; dans l’opinion valaisanne, la pérennité du régime politique continue de passer par une domination sans partage de la droite conservatrice.

La réforme des structures internes des partis et la démocratie semi-directe

Avec le passage à la démocratie référendaire et à l’élection proportionnelle, les partis historiques se voient confrontés à la nécessité de réformer leurs structures internes et d’adopter une organisation de type démocratique, avec assemblée des délégués, comité central, comité directeur et secrétariat. De fait, si la démocratie représentative permettait à une classe de notables de définir les options politiques et de choisir les candidats au sein de comités restreints, la démocratie semi-directe s’accompagne d’une diversification des tendances politiques au sein même des formations. Les rivalités internes deviennent plus difficiles à gérer. Ainsi, entre 1929 et 1939, le parti conservateur connaît des tensions : conservateurs-progressistes et chrétiens-sociaux se disputent la direction et des mouvements dissidents apparaissent dans le Haut-Valais puis, dès 1937, dans le Bas-Valais.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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