Droit de bourgeoisie

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Sommaire

Le lien à la bourgeoisie d'origine

Une composante déterminante de l'identité valaisanne se dégage: c'est le lien privilégié à la bourgeoisie d'origine. Ce droit n'est plus recherché pour les avantages matériels comme auparavant, mais il est vu comme un héritage. Ce sentiment pousse 14000 Valaisannes à formuler en 1988 une demande de réintégration: ayant épousé un homme originaire d'ailleurs, elles avaient perdu leur bourgeoisie de naissance. Comme la possibilité de la retrouver leur était donnée, elles se sont empressées de la reprendre.

Le droit de bourgeoisie et la naturalisation

Le droit de bourgeoisie, transmis par le sang, fonde l'identité valaisanne par l'ancrage dans une commune du canton. La naturalisation reste cependant un sujet délicat. En 1984, par exemple, un Argentin descendant d'une famille d'émigrés zermattois devient Suisse après avoir obtenu la citoyenneté d'une commune bâloise. Il souhaite redevenir valaisan mais, comme il n'a jamais vécu dans le canton, il ne remplit pas les conditions légales. Le Grand Conseil se prononce néanmoins pour sa naturalisation, encouragé par l'attitude exceptionnellement ouverte de la bourgeoisie de Zermatt. «En effet, si l'on admet que sur le plan du droit cantonal traditionnel, un droit de cité ne se perd pas, l'on doit admettre cependant que ce droit de cité ne peut plus s'exercer à partir du moment où une disposition de droit fédéral vient le paralyser. […] Toutefois, à partir du moment où l'individu redevient Suisse […] les droits acquis sur le plan cantonal, qui avaient été paralysés par des dispositions assez exceptionnelles de droit fédéral, me semblent pouvoir renaître. S'il est reconnu Suisse, automatiquement il peut redevenir Valaisan, puisque la citoyenneté valaisanne ne lui a jamais été ôtée par les Autorités valaisannes».

La primauté du sang

Toutefois, pour les Valaisans, le contact avec la patrie ou les références culturelles ne jouent aucun rôle. Le sang prime. L'attachement à cette valeur permet de comprendre qu'en 1994 encore les citoyennes et citoyens du canton refusent de faciliter la naturalisation des jeunes étrangers.

Cette pratique valaisanne confirme du reste combien le souci d'intégration est limité. Il faut relever pourtant l'attitude plus ouverte des bourgeoisies des villes et des communes francophones situées dans la plaine du Rhône, qui octroient plus fréquemment le droit de cité. La naturalisation repose aujourd'hui encore sur l'appartenance à une communauté d'habitants, héritage d'institutions médiévales et modernes.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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