Divinités et lieux de culte
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Après la conquête romaine, les dieux indigènes ne sont pas oubliés et continuent à être honorés par les Valaisans de souche ; leur lieux de culte sont également fréquentés par des personnes extérieures à la vallée, notamment des voyageurs. Au contact de ces derniers, divinités et sanctuaires se romanisent. Ainsi, Taranis, le grand dieu gaulois du ciel est assimilé à Jupiter Optimus Maximus. De même, les représentations figurées du dieu topique Jupiter Poeninus ne diffèrent point de celles du dieu romain. Autour du rocher sacré, au sommet du col du Grand-Saint-Bernard, on continue de lui consacrer de nombreuses monnaies, et un petit temple de type classique abrite des tablettes offertes en remerciement d'une bonne traversée des Alpes. A Martigny, vers l'an 50 de notre ère, on intègre un temple indigène, édifié un siècle plus tôt, dans un vaste temenos (enclos sacré) bipartite, le complexe architectural le plus original de la ville. A l'intérieur de l'aire sacrée on adore notamment un ancien dieu gaulois, peut-être Lug ou Teutatès, sous le vocable de Mercure.
Si les Romains sont respectueux des coutumes ancestrales des indigènes, ils n'admettent toutefois pas volontiers, au centre de leurs villes, les lieux de culte des divinités étrangères à leur panthéon. Le temenos n'est donc pas intégré au tissu urbain. Au nord de l'agglomération de Forum Claudii Vallensium, il en va de même d'un temple gallo-romain (fanum), érigé après la fondation de la ville.
Les représentations du sacré
Parmi les représentations indigènes du sacré, il faut mentionner la plus célèbre, le taureau tricorne de Martigny. Le chiffre trois étant magique pour les Gaulois, on exalte la puissance de l'animal divin en l'affublant d'une troisième corne. A Viège, on a retrouvé une petite statuette en bronze de Sucellus, le dieu gaulois au maillet. A Martigny, Riddes et en d'autres lieux, de nombreux fragments de figurines en terre cuite blanche représentant des déesses-mères, si chères au cœur des populations indigènes, ont été mis au jour. D'autres divinités indigènes apparaissent sur des autels inscrits: Cantismerta, «la pourvoyeuse éclatante» de Lens et le deus Sedatus de Saint-Maurice. Les prêtres attachés aux cultes indigènes ont assurément hérité des druides gaulois certaines de leurs pratiques religieuses. Pour l’exercice de leur ministère, ils disposent d’offrandes monétaires déposées dans des troncs, comme à Leytron, ou remises en mains propres. Les nombreuses piécettes qui jonchent le sol des sanctuaires valaisans n’ont généralement qu’une faible valeur. Elles sont parfois volontairement fragmentées afin d’en empêcher la réutilisation sacrilège.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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