Démocratie élitaire

De Wikivalais.

Portrait de Michel Dufour

L'élite formée sous l'Ancien Régime montre une capacité d'adaptation étonnante au nouveau régime. Les notables n'ont en fait rien à craindre de l'avenir car les mêmes hommes politiques se retrouvent aux postes les plus importants du pays. Peu d'hommes neufs émergent. Dans leurs fiefs respectifs, les grandes familles se voient naturellement confier les principales charges et honneurs.

Sommaire

L'emprise locale

Les dirigeants ont une solide emprise locale qui prend souvent la forme d'une clientèle. Ceux-ci tissent aussi entre eux de solides réseaux qui leur permettent de maintenir influence et pouvoir. A Sion, par exemple, une dizaine de personnes contrôlent tous les rouages de la Bourgeoisie.

Les mesures constitutionnelles et législatives

Le contrôle de la vie politique est entériné par une série de mesures constitutionnelles et législatives qui s'inspirent de la tradition d'Ancien Régime et de la pratique d'autres Etats. Ainsi la Constitution de 1802 réserve les plus hautes fonctions à une petite élite: « Pour être éligible à la Diète, il faut avoir rempli des fonctions législatives ou judiciaires, ou administratives dans les autorités supérieures et des dizains, ou exercé l'office de notaire public, ou avoir occupé le grade d'officier dans les troupes de ligne ».

Sous la République

Progressivement, la République met en place des mécanismes électoraux dont le but est clair: écarter le plus possible l'intervention du peuple. La loi électorale de 1807 supprime le scrutin secret, restreint le choix des électeurs en leur présentant un trio de candidats choisis par le conseil en place. La position des notables apparaît en fait inexpugnable; les modalités qui régissent les élections et l'appui d'une clientèle locale assurée leur permettent de se relayer, sinon de se perpétuer aux postes clés.

A la Restauration

La tentation est grande de remettre en vigueur les rouages qui assurent aux hommes en place une facile perpétuation de leur pouvoir. La réaction ne limite pas son influence à l'intérieur des communes importantes, elle s'efforce aussi de contrer l'émancipation des campagnes. L'aristocratie de Sion par exemple, traumatisée par les régimes représentatifs des républiques, qui l'ont obligée à se contenter d'une portion congrue, pose des conditions préalables significatives à leur intégration dans leur dizain:

« Il faut que les villages de Savièse, Ayent, Grimisuat, Bramois, renoncent à toute part aux places de grand châtelain, de grand capitaine et de grand banneret, et à toute assistance à la Diète avec voix délibérative. Il faut que le dizain d'Hérémence reconnaisse que son état est une usurpation, qu'il doit y renoncer, se joindre au dizain de Sion, et renoncer à obtenir aucune place pour lesquelles des vallées aussi reculées ne sauraient fournir de sujet ».

Les débats entre le Haut et le Bas-Valais

La mise en place de ce nouveau régime donne lieu à de vifs débats entre le Haut et le Bas. Une incertitude règne, les hommes forts des deux camps s'efforcent de trouver un appui populaire pour asseoir leur légitimité et faire pression sur le camp adverse. L'héritage de la période révolutionnaire risque donc de disparaître. Cependant, l'opposition populaire s'affirme, et les meneurs populaires se mettent à contester le rôle dirigeant de certaines familles. Finalement, les dizains de Sierre et de Sion obligent les Haut-Valaisans à se contenter d'une demi-victoire et à se rallier au compromis établi par la nouvelle Constitution.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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