Déformations des roches

De Wikivalais

En Valais, toutes les roches ont subi des déformations plus ou moins intenses. Dans des pays de montagnes comme le nôtre, il n’existe pas 1m2 qui ait échappé à l’effet des formidables pressions qui édifièrent la chaîne. D’un endroit à l’autre, ce qui change, c’est le genre de déformation.

La déformation la plus facile à comprendre, la faille résulte d’une cassure au sein de la roche. A la manière d’une crevasse de glacier, une faille limite deux panneaux de roches qui se sont déplacés l’un par rapport à l’autre, le déplacement pouvant être si petit qu’il n’est pratiquement pas visible (on parle alors de diaclases plutôt que de failles). Regardez une fois attentivement une tranchée fraîchement ouverte dans la roche et vous pourrez constater à quel point celle-ce est débitée par des cassures (failles ou diaclases) qui en diminuent la solidité.

Pour la plupart des Suisses, le pli reste attaché aux leçons de géographie traitant du Jura : tous nos manuels scolaires montrent les beaux plis coupés par les gorges de Moutier. Dans la chaîne jurassienne, anticlinaux (plis bombés vers le haut) et synclinaux (en forme d’auge) se suivent régulièrement de manière très pédagogique. Tel n’est pas le cas dans les Alpes, où les plis atteignent une telle complexité qu’il devient difficile de les voir. La violence des contraintes a engendré des plis fortement accentués, souvent très serrés, étroits et empilés les uns sur les autres et il leur faut un œil exercé pour trouver l’endroit où ces couches montrent leur ploiement ou charnière du pli.

La complexité de ces plis fut longtemps un problème pour les géologues. Il faut dire, à la décharge de nos premiers naturalistes, que certains plis atteignent des dimensions qui dépassent totalement l’imagination. Il existe des plis horizontaux dans lesquels les couches se sont déplacées les unes par rapport aux autres de plusieurs dizaines de kilomètres. Un de ces plis est appelé nappe de recouvrement (ou, plus simplement, nappe). Des gens qui auraient vécu sur la surface supérieure n’auraient jamais su que, sous leurs pieds, il y avait une nappe. Seuls les affleurements dénudés par la vallée du Rhône a joué un rôle capital dans la découverte des nappes de recouvrement. Mais imaginez le problème que posait cette vallée aux géologues du XIXe siècle qui n’avaient pas encore compris le phénomène des nappes : ils observaient les mêmes successions de couches géologiques qui se répétaient deux fois ! Et, par place, les couches étaient en position renversée !

Plis et nappes sont souvent affectés de culminations et de dépressions qui remontent en altitude des assises normalement enfouies en profondeur (culmination axiale des structures) ou, au contraire, enfoncent profondément le tout (dépressions axiales). Si l’érosion ramène la topographie à l’horizontale, on verra affleurer à la même cote des couches initialement disposées à des altitudes fort différentes. En Valais, ces variations d’axes de plis permettent d’observer le bâti alpin sur une épaisseur de plus de 10 000 mètres.

Bibliographie

  • Marcel Burri, Les roches, Martigny, 1994

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