Culture du Rhône

De Wikivalais.

En 1927, George Kraft utilise le terme de « civilisation du Valais » pour décrire le riche mobilier mis au jour lors de travaux dans le vignoble valaisan depuis plusieurs décennies. Une « culture du Rhône » est par la suite individualisée, au même titre que les autres grands groupes métallurgistes préhistoriques d’Allemagne du Sud et de Hongrie.

Le noyau de développement de la culture du Rhône, entre 2200 et 1800 avant J.-C., se restreint au Valais central et à la région de Spiez (canton de Berne). Durant cette phase, les pièces produites sont en cuivre, avec une teneur en étain qui ne dépasse pas 1%. Le fondement de cette culture est local, mais elle est stimulée par des influences étrangères ; ainsi, les objets fabriqués en Valais présentent certaines ressemblances avec ceux d’Europe centrale. Des analogies plus étroites encore les lient au val d’Aoste et à l’Italie du Nord.

Entre 1800 et 1600 avant J.-C., la culture du Rhône se développe et englobe un vaste territoire couvrant la Suisse occidentale. Les échanges d’objets, d’une part, et la reproduction de pièces de type rhodanien, de l’autre, s’effectuent alors à l’échelle suprarégionale. Originale et particulièrement créative, cette culture est caractérisée par le renouvellement et le perfectionnement de l’artisanat. La céramique se couvre de motifs inédits, comme par exemple sur des tasses à décors incisés et sur des jarres en forme de tonneau. La parure se diversifie : épingles à tête de tôle martelée et gravée, colliers à pendeloque de bronze. Les outils et les armes sont également ornés de motifs décoratifs, comme par exemple les poignards à lame triangulaire, ornés de chevrons et de cannelures. La présence de tombes au riche mobilier révèle peut-être qu’à son apogée, cette civilisation repose sur une forte hiérarchisation sociale.

La culture du Rhône décline dès le XVIe siècle avant J.-C. et les vestiges se raréfient, mais le Valais maintient des liens avec l’Italie du Nord et les Alpes occidentales françaises. A partir de 1350 avant J.-C., lors de la phase finale de l’Age du bronze, l’influence des régions nord-alpines se fait plus conséquente, sans pour autant effacer les liens traditionnels que la région entretient avec ses voisins du Sud.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

Articles connexes