Croissance de l'Eglise, IVe - VIIe siècle

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Inscription de Ponce Asclépiodote

De nombreuses lacunes subsistent dans les connaissances actuelles concernant le domaine religieux. Nous ne savons pas, par exemple, quand la première communauté chrétienne a pris naissance à Octodure, ni quand un évêque y a été institué. Le clergé médiéval ne se préoccupait pas de telles questions. Faute d'argument décisif, la question demeure ouverte.

Sommaire

Les fouilles archéologiques

Toutefois, dès 1990, les fouilles pratiquées par Hans-Jörg Lehner et François Wiblé dans l'église paroissiale de Martigny-Ville mettent à jour un élément nouveau. Selon eux, les premiers édifices culturels paléochrétiens sont antérieurs à la fin du IVe siècle et, le plus probablement, aux deux dernières décennies de celui-ci.

Avant la fin du IVe siècle, le rayonnement de la communauté chrétienne d’Octodure et de son évêque se fait sentir en dehors de la ville.

Les premiers rayonnements

A Octodure, les premiers sanctuaires chrétiens, construits en marge du Forum Claudii, font place à une cathédrale double. Le territoire de l’évêque comprend : tout le bassin du Rhône en amont du Léman sur la rive gauche, depuis la Morge de Saint-Gingolph ; les limites sur la rive droite sont encore incertaines.

Les développements issus de la mission

L’activité missionnaire nécessite des bases établies dans des lieux intelligemment choisis, comme Sion, Octodure et Agaune créés avant la fin du IVe siècle. A Sion, la première église funéraire est construite Sous-le-Scex, entre la fin du IVe siècle et le début du Ve. Une autre église, propre aux offices de la communauté locale, est située dans la zone habitée. A Agaune, l’évêque Théodore fait bâtir, avant la fin du IVe siècle, une église funéraire pour y abriter les reliques de saint Maurice et de ses compagnons martyrs. La basilique des martyrs est remplacée en 515 par une abbaye de moines fondée par le prince burgonde Sigismond. A la même époque est construit le grand baptistère et des églises funéraires. Les allées et venues des gens des campagnes entre de tels centres facilitent ainsi l’expansion de la foi chrétienne dans tout le territoire environnant. D’autres centres de diffusion de la foi sont créés à partir du Ve siècle, à Géronde par exemple. Dès le VIe siècle, le christianisme est clairement attesté en amont de l’Illgraben et de Loèche. Par contre, entre Saint-Maurice et le Léman, l’existence d’églises publiques ne fait encore l’objet que d’hypothèses, pourvues d’un assez fort degré de vraisemblance.

Une nouvelle cité épiscopale

Les églises sont bientôt dotées de compétences telles que le droit de conférer le baptême, l’eucharistie et l’évangélisation d’un secteur donné, fonctions jusqu’alors réservées à la cathédrale.

Peu avant 585, le siège épiscopal est transféré à Sion. La nature et l’emplacement exact des bâtiments dont l’évêque dispose de la fin du VIe à la première moitié du VIIIe siècle demeurent pour l’instant inconnus.

De nouveaux sanctuaires

Dès le VIIe siècle, une autre catégorie de sanctuaires apparaît dans le cadre privé des domaines ruraux. Ces lieux dépendent de l’évêque et non de l’église baptismale publique. Ils permettent les célébrations eucharistique et funéraire. Les oratoires ne sont fréquentés que par les propriétaires et leur entourage, tandis que les églises offrent le service religieux à la population du domaine. Les frais de construction et la dotation des clercs incombent au propriétaire. Celui-ci choisit aussi le desservant à qui l’évêque donne le ministère. En revanche, la consécration du sanctuaire, l’autorité sur la vie des clercs et la surveillance de leur dotation sont du ressort épiscopal.

Les nouveautés carolingiennes

A l’époque carolingienne, l’évêque de Sion est en même temps abbé de Saint-Maurice. A cette époque, apparaît pour l’église baptismale la possibilité de fonder dans les campagnes des succursales construites avec l’aide de la population locale. Le peuple y trouve les offices ordinaires, mais il est astreint, pour certaines fêtes, à la fréquentation de l’église mère.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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