Crave

De Wikivalais

Très semblable au chocard, le crave passe facilement inaperçu en montagne tant l’apparition d’un « oiseau noir » est banale. La forme angulaire des ailes, la brièveté de la queue et l’appel caractéristique, un kiaaa éclatant, permettent de le repérer.

Equipé d’un bec taillé sur le modèle de celui de la huppe, il se nourrit presque exclusivement de petits invertébrés récoltés dans les couches superficielles du sol, sous des cailloux ou dans des bouses de vache qu’il retourne méthodiquement. De ce fait, il est inféodé aux sols tendres et aux gazons ras, pelouses alpines naturelles, pâturages ou encore prés soigneusement fauchés. En été, ces conditions semblent satisfaites un peu partout au-dessus des forêts, et les sites favorables paraissent sous-exploités. En hiver par contre, la neige réduit considérablement l’espace vital du crave et le contraint à se rassembler sur les rares terrains dénudés : crêtes ventées dominant Ovronnaz ou Zermatt, pentes balayées par les avalanches dans le cirque de Derborence , à moins que, comme en Entremont ou dans le val d’Hérens, il ne fréquente les prairies de fauche ensoleillées à la périphérie des villages.

En janvier 1997, en raison d’un enneigement important, des craves d’Evolène ont séjourné une semaine à Sion sur les pentes de Tourbillon. Ces déplacements, exceptionnels pour les craves du val d’Hérens , se répètent chaque hiver sur le coteau de Loèche où se rassemblent des compagnons de montagne, accenteur alpin et bartavelle, descendus sur les steppes.

Ces situations de crise révèlent le talon d’Achille du crave, incapable de recourir à des ressources plus accessibles en hiver, et démontrent l’importance des biotopes de secours, comme les pelouses sèches de l’adret valaisan ou les petits accidents du relief qui dépassent la couche de neige. La présence de refuges hivernaux sans neige explique sans doute la localisation restreinte aux vallées sèches des Alpes : Valais, val d’Aoste, Mercantour, Engandine autrefois.

Bibliographie

  • Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994

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