Couleuvre

De Wikivalais

Deux reptiles, adeptes de la double vie aquatique et terrestre, vivent essentiellement aux dépens des batraciens : la couleuvre à collier, largement répandue en plaine, et sa cousine, la couleuvre viperine, beaucoup plus aquatique. Cette dernière peut séjourner plusieurs dizaines de minutes à l’eau, à l’affût des poissons. Elle fréquente volontiers les rives de canaux propres, bordés à la fois de roseaux et d’une murette offrant des abris. Ne s’éloignant à plus de quelques dizaines de mètres de l’eau, elle régresse sous l’effet du drainage. Ses effectifs suisses se résument à deux petites populations reliques en Valais, dans la région de Saillon et de Fully, et une population plus importante qui occupe un peu plus de 2 km des rives rocheuses du Léman.

Les fourrés touffus des berges du Rhône et les forêts alluviales accueillent aussi la couleuvre d'esculape, symbole médical, grande chasseresse de petits mammifères. Elle grimpe volontiers aux arbres à la recherche d’une nichée de fauvettes : un œil attentif permet de découvrir les couleuvres accrochées à l’écorce rugueuse d’un peuplier ou se prélassant sur une branche basse...

Si elle montre une préférence pour les milieux couverts de ronces, de clématites ou de buissons, on la rencontre aussi dans les prés. A Vex, par exemple, elle est respectée par les paysans qui savent qu’elle se nourrit de campagnols.

Malgré sa taille, qui peut atteindre 1m50, le plus long de nos serpents demeure très discret. Cette couleuvre est capable de déplacements importants : Jean-Marc Pillet a observé des mouvements d’un kilomètre en une année dans la région de Collonges.Sa densité décroit des milieux humides vers les milieux secs . c’est que dans les pelouses sèches, seul le mulot – une espèce leste et difficile à capturer pour un serpent – abonde.

Une petite couleuvre à l’œil barré de noir, la coronelle s’expose peu à découvert et demeure mal connue des Valaisans qui la confondent avec la vipère et la tuent! Mon voisin Jean-René m’expliquait un jour qu’il venait de trancher la tête d’une vipère. Il se justifie par le fait que cette «sale bête» était en train d’étrangler un pauvre lézard. Comme je lui fais remarquer que la vipère, équipée d’un poison redoutable n’étrangle pas ses proies, pris de doute il se réconforte en m’expliquant son émotion quand le lézard l’a regardé droit dans les yeux, comme pour le remercier. Je lui présente alors un guide re reptiles qu’il feuillette, attentif. C’était bien une coronelle.

Se nourrissant de lézards des murailles et d’orvets, cette petite couleuvre peut même avaler des vipéreaux aussi grands qu’elle. Ce rôle de superprédateur limite ses effectifs. Elle est pourtant largement répandue au moins jusqu’à 2000 m et je me souviens d’en avoir vue une traverser la place de la gare des marchandises à Sion, bien à l’abri dans le sillon des voies. Contrairement à nos autres couleuvres, elle est vivipare.

Par les grandes chaleurs estivales, la couleuvre à collier séjourne volontiers dans la fraîcheur d’un étang. Le moindre mouvement la fait fuir d’une nage ondulée, la tête seule émergeant. Cette couleuvre des eaux calmes et transparentes fréquente les canaux et les marais de la plaine. Se nourrissant de têtards dans son jeune âge, elle s’en prend par la suite aux amphibiens adultes et même aux poissons. Capable de capturer des micromammifères, elle peut s’affranchir des biotopes humides et effectuer de grands déplacements: voilà qui explique sa présence dans les étangs de Savièse et d’Ayent

Bibliographie

  • Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994

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