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Un parti conservateur dominant

La caractéristique de la forme valaisanne d’une démocratie « gouvernante » est le maintien d’un parti conservateur fortement dominant, depuis 1875, les représentants de ce parti occupent deux tiers environ des sièges du Grand Conseil. Les conservateurs ont su négocier le passage de la démocratie représentative à la démocratie semi-directe. En mettant un terme à une direction aristocratique sédunoise et haut-valaisanne, le parti a changé son profil sociologique. Il a également considérablement modifié sa vision du monde, intégrant à sa doctrine plusieurs options d’origine libérale et de nature sociale. Dès 1927, ils se rapprochent du mouvement chrétien-social et s’ouvre ainsi sur le monde ouvrier.

La fonction d'intégration du parti conservateur

Le parti conservateur exerce une double fonction d’intégration. D’une part il parvient à maintenir en son sein divers courants de pensée souvent très profilés, aiguisés par des luttes de personnes se prolongeant entre 1920 et 1936 jusqu’au gouvernement. D’autre part, il manifeste sa capacité de définir un profil culturel propre à l’ensemble du canton ; il dessine l’image d’un Valais à la fois stable et plein d’initiatives. Toutefois, avec la montée de l’antiparlementarisme et du corporatisme, le parti conservateur subira la tentation de dérives idéologiques, en particulier au début de la Seconde Guerre mondiale, après la défaite de la France.

L'opposition radicale

Deuxième formation au Grand Conseil avec une moyenne d’environ un quart des sièges, l’opposition radicale s’appuie presque exclusivement sur un électorat des districts francophones. Alliés tantôt avec les socialistes, tantôt avec les conservateurs, les radicaux éprouvent des difficultés à se situer par rapport au régime et à faire le choix clair d’un programme et d’une étiquette politique.

Les socialistes

Constitués en parti cantonal le 7 décembre 1919, les socialistes font leur entrée au Grand Conseil en 1921. Charles Dellberg demeure cependant leur unique représentant jusqu’aux élections de 1929, où ils obtiennent cinq sièges au Parlement. En 1933, les socialistes en perdent trois, pour les retrouver en 1937. En 1941, conséquence de l’introduction du quorum, ils sont évincés du Grand Conseil.

Défilé du congrés de la Fédération fasciste suisse, Conthey, 1935

Le front valaisan

Un certain attrait pour les idées d’extrême droite se traduit par la création en 1933 du Front valaisan. Cette dérive fasciste, confinée aux districts de Conthey et de Sion, ne comptera jamais plus d’une centaine de membres. Antisémitisme, anticommunisme, antidémocratisme, antimaçonnisme, défense de la famille et de la religion sont les thèmes principaux de son programme, proche de celui des mouvements fédéralistes romands. Dissous en 1934, le Front valaisan se transforme en une section valaisanne de la Fédération fasciste suisse, qui disparaît à son tour en 1936. Certains membres rejoignent alors l’Union nationale valaisanne, qui s’intègre en 1940 au Mouvement national suisse. Ce dernier est dissout par un arrêté du Conseil fédéral du 19 novembre 1940, en raison de ses liens avec le IIIe Reich.

Bibliographie

  • Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002

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