Conservatisme
De Wikivalais.
Dès 1842, le consensus politique se dégrade et les forces antilibérales se regroupent en vue de renverser le régime. Les conservateurs se dotent d'une formation militante, la « Vieille Suisse », dont le but est d'associer la défense de la religion et le développement des principes démocratiques. En janvier 1843, les élections communales révèlent un revirement de l'opinion publique en faveur des conservateurs et en mai, les libéraux perdent le pouvoir. Le Bas-Valais tombe dans un état d'anarchie. Au mois d'août, des troubles éclatent à Martigny et à Saint-Maurice. Les radicaux décident d'instituer le Comité de Martigny pour faire face aux menaces. Mais le gouvernement rétorque par la nomination d'un Conseil de guerre. En 1844, les conflits s'accentuent: le Valais est à nouveau au bord de la guerre civile. Dans la nuit du 16 au 17 mai, Sion est encerclée à l'est par les troupes conservatrices et à l'ouest par les forces radicales. Les radicaux sont écrasés par la « Vieille Suisse » bas-valaisanne, le 21 mai 1844, dans l'embuscade du défilé du Trient. Le Bas-Valais est livré à l'occupation des Haut-Valaisans, qui mettent un terme au régime libéral.
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Rétablir l'ordre
Pour légitimer leur coup de force, les conservateurs accusent les radicaux d'être des perturbateurs de l'ordre social. Pour rétablir l'ordre, le Grand Conseil dissout les associations radicales et supprime leur tribune, L'Echo des Alpes. Des mandats d'arrêt sont lancés contre les chefs libéraux et radicaux. Un tribunal central d'exception est chargé de juger les délits politiques. Les libertés d'association, de réunion et de presse sont restreintes.
La nouvelle constitution
Le 4 juin 1844, le Grand Conseil décide la révision de la Constitution. Celle-ci se fait sans les députés bas-valaisans radicaux. Les conservateurs décident de défendre à leur tour la démocratie parlementaire et la représentation proportionnelle par district.
La nouvelle Constitution se distingue par deux caractéristiques majeures: l'institution du référendum législatif basé sur la majorité des votants et le renforcement de la position de l'Eglise dans l'Etat, avec la reconnaissance de la confession catholique comme seul culte. Le 20 octobre 1844, la Constitution est acceptée. Le Valais est conduit dans la voie d'un régime de tendance totalitaire où l'extrême droite cléricale s'empare de la direction idéologique du régime.
L'alliance du Sonderbund
En décembre 1845, la communion spirituelle avec les régimes catholiques-conservateurs de Suisse entraîne le Valais à adhérer à l'alliance du Sonderbund. En octobre 1847, dans une Suisse à l'orée de la guerre civile, le Grand Conseil et le peuple valaisan votent la défense du Sonderbund « les armes à la main ». En moins d'un mois, la résistance des cantons du Sonderbund se brise devant l'armée fédérale et les troupes d'exilés. Le 29 novembre 1847, le Valais signe la capitulation avec Rilliet de Constant. L'occupation du canton débute le 30 novembre. Vaincus, les catholiques-conservateurs ne sont plus en mesure d'exercer le pouvoir. Les radicaux le reprennent.
Le Sonderbund
Lucerne, Uri, Schwytz, Unterwald, Zoug, Fribourg et le Valais, réunis par une alliance séparée à laquelle le Valais n'adhéra formellement qu'en décembre 1845, « s'engagèrent à se soutenir militairement, nommèrent un Conseil de guerre et nouèrent même des pourparlers avec Paris, Turin et Vienne. Le Sonderbund devenait ainsi un danger pour l'existence même de la Confédération; il était impossible de le tolérer. Entre temps, les libéraux gagnèrent du terrain à Genève et à Saint-Gall. La Diète, réunie le 7 août 1847 à Berne sous la présidence d'Ochsenbein, décida à la majorité des voix la dissolution du Sonderbund. Les cantons catholiques se préparèrent activement à résister par la force des armes ». [1]
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
- ↑ DHS, vol. VI, 1932, p. 270
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