Citoyenneté et communauté
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L'organisation sociale et politique
Le fondement de l'organisation sociale et politique d'Ancien Régime repose essentiellement sur les communautés locales. Les communes sont le pivot des institutions. Elles contrôlent le territoire, gèrent les biens communs, exercent les fonctions de police, réglementent la vie rurale et urbaine, nomment au besoin leurs délégués pour toute affaire qui dépasse le cadre local. Toutefois, pour participer au fonctionnement de la République, il est nécessaire d'être bourgeois ou communier d'une localité du pays souverain. Or l'accès à ce statut privilégié s'est progressivement fermé et les notables du Bas-Valais reprochent à ce système d'être plus ouvert aux étrangers qu'à leur égard.
Le statut des habitants
Dès la proclamation de l'indépendance du Bas-Valais, la liberté et l'égalité deviennent les maîtres mots du nouveau régime. Le statut des habitants est simplifié. Tous les bourgeois, communiers d'une commune ou d'un village et habitants qui ont obtenu la permission de se domicilier sans restriction deviennent valaisans.
Les citoyens ont droit de voter et d'exercer des fonctions publiques. Quant aux étrangers, ils sont admis à certains emplois militaires, éducatifs ou administratifs et participent aux charges d'imposition, de garde et de milice. Cette ouverture n'est cependant pas bien acceptée dans certaines communes, car celles-ci préfèrent partager les biens communs entre les anciens ayants droit.
L'héritage révolutionnaire
En 1802, la République indépendante n'assume pas tout l'héritage révolutionnaire. Comme la Constitution ne reconnaît la qualité de citoyen actif qu'aux personnes qui ont un droit de communauté dans un lieu et qui l'habitent, les naturalisés de la République helvétique doivent être agrégés dans une commune. De plus, les Valaisans qui changent de commune perdent le droit de participer à la vie publique.
Le régime de la restauration
Alors que l'intermède du Département du Simplon met tous les habitants sur le même pied, le régime de la Restauration revient à des dispositions restrictives. Seuls les bourgeois qui résident dans leur commune d'origine jouissent de tous les droits civils et politiques. Les Valaisans non communiers sont quant à eux privés des droits politiques, ils ne jouissent pas de la liberté d'établissement et de commerce et sont, pour ainsi dire, traités comme des étrangers. Cette situation fournira un terrain favorable au développement des idées libérales dans les années 1830.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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