Choc des idées
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Malgré les défenses et les barrières dressées par la République des Sept Dizains, les idées nouvelles pénètrent en Valais et révèlent aux sujets que le maintien du statu quo n'est pas le seul avenir possible.
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La prise de conscience
Dans le Bas-Valais, la prise de conscience diverge selon les milieux. Les notables sont surtout sensibles aux discriminations dont ils sont l'objet. Quant aux paysans, artisans et commerçants, ils revendiquent des solutions en ce qui concerne les entraves au commerce, les taxes, les redevances féodales ou les amendes arbitraires.
Le message révolutionnaire est essentiellement reçu en Valais à travers le miroir déformant des prêtres français réfractaires, qui ont préféré l'exil à la prestation du serment civique. Ils refusent ces nouvelles idées qui auraient nécessairement abouti à la fermeture des églises et à La Terreur. Les quelques rares prêtres qui osent défendre les principes de la Révolution sont repérés, admonestés et réduits au silence. Le souverain, quant à lui, tente d'imposer une idée de liberté qui ne remet pas en cause son pouvoir.
Les autorités donnent l'impression d'être aux abois. En 1790 a lieu la fameuse « Bagarre » et, l'année suivante, « La Conjuration des Crochets ». Tout est cependant rapidement contrôlé.
La diffusion des idées révolutionnaires
Elle se fait oralement, par les pamphlets et les journaux. Pour la République helvétique, la presse est « le boulevard de la République », c'est un moyen privilégié. Or, en Valais, l'analphabétisme domine encore. Ce sont donc souvent les curés qui donnent lecture des textes officiels et qui les expliquent aux citoyens. Toutefois, selon le président de Monthey en 1802, l'impact de ces publications est faible:
« On aurait pu s'épargner l'impression de ces lois, s'il est vrai, comme on me l'a dit, que depuis cinq ans, il n'en reste aucune affichée vingt-quatre heures. Mais c'est la vieille mode de France. Il ne faut pas les négliger en attendant qu'on salarie des gardes nocturnes qui veillent à leur existence. Le plus liquide de nos revenus a passé sous le gouvernement helvétique aux papetiers et imprimeurs pour des choses qu'on ne lisait pas et qui sont tombées dans le plus profond oubli ».
Pourtant, l'imprimé politique a désormais droit de cité. Dans une société où la communication orale reste largement prédominante, l'écrit commence à contribuer à la formation politique des citoyens.
L'enquête Stapfer sur les écoles
Préparant une loi scolaire uniforme pour la République helvétique, Stapfer, ministre des Cultes et de l'Instruction publique lance, au début 1799, une vaste enquête auprès des régents. En Valais, les réponses se font particulièrement attendre. Ce n'est que le premier août que le sous-préfet de Sembrancher envoya à Sion les réponses de son district.
« J'ai reçu ces feuilles si sales, écrivait-il [sous-préfet de Sembrancher] à de Rivaz, que j'ai en vérité honte de vous les envoyer dans cet état. Vous verrez par les réponses de plusieurs qu'ils ont eux-mêmes besoin de régents et de là combien l'éducation des enfants est négligée dans ce district et combien il est indispensable d'y améliorer les écoles ». [1]
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
- ↑ (L. Boucard, L’école primaire valaisanne à la fin du XVIIIe s., 1938, p. 197)
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