Charles-Ferdinand Ramuz

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Biographie

Charles-Ferdinand Ramuz est né le 24 septembre 1878 à Lausanne. Il est le fils d'Emile Ramuz, épicier. Il tient son double prénom de ceux de ses deux frères, morts avant sa naissance.

Il effectue toutes ses écoles à Lausanne, bien que ses parents déménagent pour Cheseaux en 1892. Ramuz obtient en 1900 une licence ès Lettres à l'Université de Lausanne, après avoir entrepris durant une année des études de droit, certainement pour complaire à son père. Entre temps, il avait déjà décidé de sa vocation future.[1]

A la fin de ses études universitaires, il part pour Paris, à la Sorbonne, afin d'y entreprendre une thèse de doctorat sur Maurice Guérin. Cela ne dure pas et en 1901 il revient en Suisse comme candidat à un poste d'enseignant à Montreux. Il retournera dans la capitale parisienne en 1902 déjà, et en 1903 il publie son premier livre, un recueil poétique, Le petit Village, sur lequel il travaille depuis plusieurs années déjà. Il n'était pas fait pour l'enseignement.

L'année suivante Ramuz créé avec quelques amis (Gonzague de Reynold, Charles-Albert Cingria entre autres) à Genève une revue littéraire, Voile Latine. Elle durera jusqu'en 1910, et sera suivie par les Cahiers Vaudois, parus entre 1914 et 1920, et dont Ramuz écrit le manifeste, Raison d'être.

Toujours à Paris, Ramuz écrit son premier roman, Aline, qui sort des presses en 1905. C'est le début de la carrière d'écrivain de Ramuz, qui dès lors ne vit que de sa plume, parfois chichement. En 1907, il est à Lens pour un court séjour avec Albert Muret. Il y écrit le Village dans la montagne.

En 1913, il épouse Cécile Cellier, une peintre neuchâteloise établie à Paris. Rapidement naît leur premier enfant, Marianne. Ce n'est pas facile de vivre à trois dans un petit logement parisien. L'idée de rentrer en Suisse et à Lausanne commence à faire son chemin, et en 1914, juste avant le début de la guerre, la famille retourne au pays.

La guerre ayant éclaté, Ramuz ne peut plus faire publier ses livres à Paris. Il doit donc chercher une solution en Suisse, et pendant quelques années ce sont les Cahiers vaudois, pour l'occasion transformés en maison d'édition, qui publieront les ouvrages de Ramuz.

C'est durant cette période troublée (1915) que Ramuz fait la connaissance d' Igor Stravinski. Ensemble ils traduisent des histoires russes que Stravinski met ensuite en musique, pendant que Ramuz ajuste le texte en français. En 1918, ils se lancent dans la composition de l' Histoire du Soldat. La pièce est représentée la première fois le 28 septembre 1918, avec les décors peints par René Auberjonois.[2]

A cette époque Ramuz "créé" une langue qui se rapproche de l'oralité et du langage parlé et s'éloigne des rigueurs académiques. Cette liberté prise avec la langue française lui vaut l'hostilité des critiques puristes et d'une partie du public. On l'accuse de mal écrire. Ramuz répond aux criques à travers une Lettre à Bernard Grasset et une Lettre à Henry-Louis Mermod: le parler vaudois est une partie de la langue française, il ne fait que la restituer; il souhaite par ce biais s'identifier aux gens des campagnes, et au Pays de Vaud. Cette langue doit décrire une émotion plutôt que des faits.[3]

En 1923, il rencontre l'industriel Henry-Louis Mermod, qui devient son éditeur. A Paris aussi sa situation s'améliore: Henry Poulaille l'impose à l'éditeur Bernard Grasset. Cette période de l'entre-deux-guerres est également celle des grands romands de Ramuz, qui publie successivement trois de ses romans "valaisans": Farinet, Derborence, et Si le soleil ne revenait pas. "La fin des années 20 et le début des années 30 voient Ramuz atteindre la pleine maturité. Les personnages y incarnent les grands projets mythiques de l'homme. Le courant lyrique et poétique y est au service d'une vision tragique de l'homme pour qui seule la mort est au bout de la quête."[4]

En 1930, Charles-Ferdinand Ramuz est lauréat du Prix Romand, ce qui lui permet d'acheter une petite maison à Pully. Cette période est celle de la consécration de Ramuz: bien que lié par un contrat d'exclusivité avec Grasset, il est approché par Gallimard qui souhaite également l'éditer. De plus son œuvre est presque entièrement traduite en Allemand. Pendant la guerre (1940-1941), Mermod se charge de publier les Oeuvres complètes de Ramuz. En 1946, il publie son dernier livre, Servants et autres nouvelles. Il meurt le 23 mai 1947 à Pully.

Une fondation et un prix littéraire porte depuis son nom. De plus, certaines de ses œuvres deviennent des films, telle la Séparation des races qui sera produit sous le titre de "Rapt". Corinna Bille en fut la script-girl.

D'autres textes de Ramuz ont été adaptés pour le cinéma et la télévision. Parmi les films qui ont le Valais comme cadre on peut citer:

  • "La grande Peur dans la montagne en 2006
  • "Farinet, héros et hors-la-loi" en 1995
  • "Si le soleil ne revenait pas" en 1987
  • "Derborence" en 1985

En 2006 est paru un coffret de DVD contenant 7 films adaptés de l'œuvre de Ramuz.

Prix

  • Grand Prix de la Fondation Schiller, 1936
  • Prix Romand, 1930
  • Prix Gottfried Keller, 1927
  • Prix Rambert, 1912 et 1923

Bibliographie

Une sélection d'ouvrages:

  • Les servants et autres nouvelles, Lausanne : Mermod, 1946
  • La guerre aux papiers, Lausanne : H.L. Mermod, 1942
  • Si le soleil ne revenait pas, Lausanne : H.L. Mermod, 1937
  • Le garçon savoyard, Lausanne : H.L. Mermod, 1936
  • Derborence, Lausanne : H.L. Mermod, 1934
  • Farinet ou la fausse monnaie, Lausanne : H.L. Mermod, 1932
  • La grande peur dans la montagne, Paris : B. Grasset, 1926
  • La séparation des races, Paris : Aux Ed. du Monde nouveau, 1923
  • Le village dans la montagne, Lausanne : Ed. Payot, 1908
  • Jean-Luc persécuté, Lausanne : Libr. Payot, 1909
  • Aline, Paris : Perrin, 1905
  • Le Petit village, Genève : Ch. Eggimann, 1903

Pour en savoir plus

  • Le site de la Fondation Ramuz
  • Description du coffret DVD de Ramuz sur le site cinelettres
  • Jacqueline Goecking-Muret, C.F. Ramuz à visage découvert, Yens-sur-Morges : Cabedita, 2006.
  • Georges Duplain, "C.F. Ramuz. Une biographie, Lausanne : Ed. 24Heures, 1991.
  • Pierre Meylan, Une amitié célèbre, C.F. Ramuz-Igor Stravinsky, Lausanne : Ed. du Cervin ; Paris : E. Ploix, 1961.
  • Robert Marclay, C.F. Ramuz et la Valais, Lausanne : Payot, 1950.
  • Maurice Zermatten, Connaissance de Ramuz, Lausanne : F. Rouge, 1947.
  • "Pour ou contre Ramuz", in Cahiers de la Quinzaine, Paris, 1926.

Sources

  1. *Roger Francillon (dir.), Histoire de la littérature en Suisse romande", vol. 2 (de Töppfer à Ramuz), Lausanne : Payot, 1997, p. 424
  2. *Roger Francillon (dir.), Histoire de la littérature en Suisse romande", vol. 2 (de Töppfer à Ramuz), Lausanne : Payot, 1997, p. 432
  3. Jacqueline Goecking-Muret, C.F. Ramuz à visage découvert, Yens-sur-Morges : Cabedita, 2006. pp. 184-187, ainsi que Roger Francillon (dir.), Histoire de la littérature en Suisse romande", vol. 2 (de Töppfer à Ramuz), Lausanne : Payot, 1997, pp. 258-265.
  4. http://www.buchstart.ch/fr/autoren/Ramuz_Charles-Ferdinand/564.html Dictionnaire des auteurs suisses



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