Centralisme de Mageran
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Mageran
Michel Mageran est le principal responsable de la centralisation des pouvoirs en Valais. Il appartient à l'élite protestante de Loèche. Il est marchand, a un caractère entrepreneur et aime le pouvoir. Il se convertit au catholicisme en décembre 1624 et a donc accès aux plus hautes charges. Sa conversion ne modifie toutefois pas son attitude, ni envers l'évêque, ni envers la religion catholique. Il est l'un des principaux responsables de l'expulsion des jésuites en 1627 et de la mort de leur plus dévoué défenseur, Antoine Stockalper.
Stockalper
Il exerce les fonctions de gouverneur de Saint-Maurice de 1618 à 1620. Lors de la guerre de Trente Ans, il est envoyé par la Diète à la tête d'une compagnie valaisanne au secours des Grisons. De retour en Valais, il s'émeut de la guerre d'usure déclenchée par les Patriotes contre le prince-évêque et décide d'aller à Milan pour mettre sur pied un accord avec le gouverneur espagnol, afin de protéger le prince-évêque. Mais il est arrêté en septembre 1627, accusé d'avoir voulu faire assassiner plusieurs personnalités, dont le bailli Jean de Roten et Mageran. Il est exécuté pour haute trahison le 4 décembre 1627 alors qu'il était innocent. Cette mort scelle la défaite du prince-évêque, qui vient de perdre son seul allié.
Le Bailli
C'est à partir de 1616, avec Nicolas de Kalbermatten, que l'habitude s'installe de voir un grand bailli rester en charge pendant plusieurs périodes successives de deux ans. Ce système assure au bailli une autorité plus grande face au prince-évêque et lui donne le temps de réaliser ses projets. Mais le bailli ne peut prétendre à aucune souveraineté personnelle.
La centralisation
En fait, à tous les niveaux de l'Etat, la centralisation est perceptible. Le conseil de dizain devient un rouage unificateur de la volonté des communes et de la Diète. En outre, il prend de plus en plus de décisions à leur place, car le patriciat répugne à consulter le peuple. La population, d'ailleurs, dans son ensemble, ne participe pas aux décisions concernant la vie communale.
En 1609, la Diète ravit la souveraineté aux dizains, en décrétant l'instauration, lors des votes, du principe majoritaire. Le bailli Mageran accroît encore les pouvoirs de la Diète: en 1632, il crée une caisse de l'Etat, où une partie de l'argent revenant auparavant en totalité aux dizains est gardée au nom de la Diète. Le centralisme est en marche et le pouvoir du patriciat ne peut plus rencontrer d'autre obstacle que celui né dans ses propres rangs.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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