Canard colvert

De Wikivalais

Peu farouche, le canard colvert sait tirer parti d’un petit canal envahi de roseaux ou de la berge du Rhône pour y cacher sa couvée. Le long de certains canaux aux abords sauvages, envahis de hautes herbes ou de roseaux, on pourra surprendre une femelle conduisant sa théorie de poussins. Affolée, elle va jouer les blessées et s’agiter sous nos yeux, tournant en rond, en une danse désespérée, pitoyable, qui fera perdre de vue les canetons. Dès qu’ils sont à l’abri, elle retrouve miraculeusement la santé et file allégrement, nous laissant pantois….

Canard colvert mâle aux Îles de Sion

Le colvert patauge volontiers dans la vase des étangs peu profonds, pointant son croupion vers le ciel à la manière des cygnes ; il lui arrive aussi de pâturer sur la rive, voire dans les prés ou les vergers, quelquefois jusque sur le coteau. Le sifflement typique de ses ailes signale ses déplacements entre gagnages nocturnes et gîtes diurnes. Cette mobilité permet à près de 300 colverts d’hiverner sur les petites surfaces non gelées de Pouta-Fontana.

Frugalité, mobilité et capacité de vivre à plus de 1000 d’altitude font du colvert le plus abondant et le plus répandu de nos oiseaux d’eau. S’il est difficile d’avoir une idée précise de son effectif, on peut toutefois imaginer que 50 à 100 couples se reproduisent en Valais. La majorité d’entre eux nichent dans les marais de plaine (Pouta-Fontana : 14 couples en 1989) ; quelques-uns le long des canaux et du Rhône, jusque dans la vallée de Conches. En montagne, des couples élèvent leur nichée sur les rives des lacs de Champex (2-4), de Derborence (2) et de Morgins.

Les autres canards ne sont qu’occasionnels en Valais : le canard pilet a niché à Pouta-Fontana en 1985 (cas unique en Suisse) ; le canard souchet, en 1993 ; le seul nid de sarcelle d’hiver séjourne régulièrement, en été, depuis 1986, seule année où la famille a été observée. Le canard siffleur, le fuligule milouin et fuligule morillon s’observent ici et là au passage, sur les plus beaux canaux et étangs de plaine : Loèche, Finges, Pouta-Fontana, Ardon, Saxon, mais ils se reproduisent pas chez nous.

Bibliographie

  • Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994

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