Céréales

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Flore des céréales d'hiver

Au siècle dernier, la richesse du Valais était assurée par les champs de céréales des coteaux. Ces cultures connurent un essor considérable puisque c’était l’un des seuls moyens d’assurer l’auto-approvisionnement de la population. Semées en automne pour l’année suivante, les céréales d’hiver convenaient bien, grâce à une période de développement étalée, aux régions d’altitude et aux terrains secs difficiles à irriguer par bisses. Ici, on ensemençait avec du seigle sept à dix ans de suite. Ailleurs, on alternait avec de l’orge et des pommes de terre. Dans les terrasses sèches d’Erschmatt, on laissait une année sur deux en jachère pour que le sol puisse reconstituer ses réserves d’humidité. Certes, les rendements n’avaient rien d’extraordinaire, mais il était possible de produire un grain de qualité sans chimie et quasiment sans engrais. La flore adventice atteignait alors une richesse exceptionnelle. Des anciens champs sur les coteaux, il ne reste aujourd’hui que des friches et une trentaine de secteurs encore cultivés. C’est dire si la flore spécialisée accompagnante est menacée!

En Haut-Valais, où se trouvent la plupart des surfaces encore cultivées, les sols acides dominent. La flore adventice se caractérise alors plutôt par des espèces acidophiles comme le pavot argémone, le trèfle des champs ou la cotonnière. Les champs de Bürchen, Visperterminen ou Ernen en offrent encore de beaux exemples.

En Valais central et en Bas-Valais, les sols calcaires sont plus répandus, mais la flore adventice correspondante est déjà sérieusement appauvrie par l’abandon des anciens champs. C’est pourtant la plus spectaculaire! Au rang des espèces caractéristiques figurent l’adonis d’été, la caucalis et le rare buplèvre à feuilles rondes. Malgré l’altitude, les champs de Vernamiège (1300m) possèdent encore une flore très intéressante. Par contre, Isérables (1100m) a perdu récemment toutes ses richesses, à cause de l’abandon des céréales et de l’intensification des cultures.

Fort heureusement, il existe quelques champs sur sol calcaire en Haut-Valais. Site le plus riche de Suisse pour la flore adventice, le plateau de Brentjong à 900 m d’altitude près des antennes de Loèche, représente le dernier refuge de l’androsace à grand calice et du xéranthème. La colline de Biela (900m) près de Termen abrite de grandes raretés comme la vesce de Hongrie et le bunias.

La plupart des plantes adventices en question sont des annuelles d’hiver de tempérament méditerranéen, adaptées aux terrains secs du Valais et peu répandues dans le reste de la Suisse. Pour prévenir leur disparition, il faudrait entretenir des champs à leur intention dans les régions propices, à défaut de revitaliser l’exploitation des coteaux et de développer une agriculture biologique qui serait tellement en accord avec le climat et les paysages du Valais et avec la beauté de cette flore.

Flore des cultures d'été

Les céréales d’été remplacent de plus en plus les céréales d’hiver. Grâce aux engrais et à l’irrigation, elles produisent plus, mais leur qualité inférieure se prête mieux à l’affouragement du bétail qu’à la fabrication du pain. Les cultures d’été comprennent aussi les pommes de terre et les légumes des jardins, autrement dit tout ce qui se plante et se récolte la même année. Elles ont besoin de sols profonds, fertiles et si possible un peu humides. Dans ces conditions, la flore adventice se compose généralement de plantes banales, répandues dans toute l’Europe moyenne. Ce sont surtout des annuelles d’été, mais aussi des espèces bien connues, capables de germer en tout temps et de produire plusieurs générations par année: mouron des oiseaux, lamier pourpre, mercuriale annuelle, séneçon vulgaire.

Bibliographie

  • Philippe Werner, La Flore, Martigny, 1988

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