Bruant

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Passereaux de la femille des Emberizidés :

Sommaire

Le bruant zizi (Emberiza cirlus)

Le bruant zizi, est un oiseau fort discret plus facile à entendre qu’à voir : sitôt repéré, il s’enfuit. Sa répartition limitée à l’étage collinéen n’a pas changé, mais sa densité a baissé, et les sites de plaine sont tous désertés. Il a sûrement connu son heure de gloire à l’époque des abricotiers-rois. C’est un habitant des jardins boisés plutôt que des prés ou des grands vergers de pommiers.

Le bruant jaune (Emberiza citrinella)

A première vue son cousin, le bruant jaune, n’est pas si différent, et pourtant cet oiseau couleur citron demeure régulier et peut s’observer en bandes hivernales de plusieurs dizaines d’individus sur les chaumes. Quelques buissons et des cultures de céréales lui suffisent. C’est ce qui explique sa présence au Châble, à Lens, à Chermignon par exemple, et son absence à Vex.

Le bruant proyer (Emberiza calandra)

Dans la plaine de Loèche-Tourtemagne, vivent les derniers couples valaisans d’un bruant lourdeau qui lance sa monotone complainte du haut d’un saule têtard ou au vol, pattes pendantes : le bruant proyer nichait dans les années 1970 à Martigny et à Ardon.

Le bruant ortolan (Emberiza hortulana)

Un autre oiseau des cultures se fait rare, le célèbre ortolan de la fable. Encapuchonnée de gris olive, la tête du bruant ortolan se reconnaît à l’anneau jaune qui encercle l’œil, à la moustache et la barbichette de même teinte. Mais c’est son mélancolique bin bin bin bin bin tuu qui le fait repérer. Cet oiseau des petits champs et des jardins, répandu en plaine du Rhône autrefois, ne subsiste aujourd’hui qu’au pied de l’adret et dans certaines vallées de la rive gauche où il trouve encore l’heureuse conjugaison d’une abondance d’insectes, principalement des criquets et des sauterelles, et d’une riche moisson de grains (6 territoires sur tout le canton, dont 4 à Loèche). Les premiers nourrissent leurs nichées au printemps alors que les grains, spécialement l’avoine, leur permettent de constituer les réserves de graisse pour gagner où ils séjournent de septembre à avril. L’ortolan, arrive tard d’Afrique et ne peut guère mener à bien qu’une seule volée chaque année car, en fin de saison, la température du sol est si élevée qu’il ne peut plus y déposer ses œufs. Il doit aussi consacrer l’été à se refaire un plumage capable de tenir pendant les 4500 km du voyage. Malgré ce déplacement, sa survie hivernale est bien meilleure. Les deux espèces se maintiennent en densités adaptées à la surface disponible. Alors que l’ortolan recule partout, ses effectifs ont doublé en deux ans sur le coteau de Loèche grâce aux nouveaux biotopes mis à sa disposition par l’incendie des pinèdes.

Le bruant fou (Emberiza cia)

L’espèce est encore abondante sur le coteau de Loèche où le bruant fou partage le même biotope. Il est intéressant de comparer les stratégies des deux cousins. Peter Keusch a découvert que le bruant fou, à tête gris-bleu striée de noir chez le mâle, est strictement dépendant des pelouses sèches. En hiver, il gagne le bassin méditerranéen par petites étapes, laissant toutefois une partie des mâles dans nos régions où il revient tôt. Certaines années, les populations subissent de fortes pertes compensées par l’élevage de deux ou trois nichées durant une saison de reproduction étirée, parce que commençant tôt.

Le bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus)

Le bruant des roseaux recherche les cariçaies, la frange des marais ornée de quelques saules. Son effectif valaisan est certainement inférieur à 50 couples. Très discret, malgré sa belle parure de noce, le mâle se repère à son chant, lancé du haut du buisson ou d’un roseau séché. Loèche, Ardon, Saxon le comptent à leur actif. S’installant assez tôt, en mars déjà, des 5 couples de Pouta-Fontana parviennent souvent à élever une nichée avant les crues vernales dans les vastes roselières du sud-est. Nichant au sol, ils sont souvent contraints, pour la seconde ponte, de gagner un autre secteur de la réserve. En hiver, revêtus d’un plumage discret, ils se mêlent quelquefois aux bandes de moineaux, pinsons, linottes et autres granivores, dans les cultures.

Bibliographie

  • Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994

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