Bondrée apivore

De Wikivalais
(Redirigé depuis Bondrée)

Dès la mi-avril, la bondrée légère et élégante est de retour. Très semblable à la buse, elle s’en distingue par sa longue queue triplement barrée, ses ailes étroites et son appel mélodieux, une sorte de pu lî uu modulé à faire pâlir de jalousie la buse au triste miaulement. Peu soucieuse d’onduler comme un aigle ou une buse pour signaler sa présence, la bondrée se lance d’abord vers le ciel ; arrivant au point culminant, comme si elle était fière de sa prestation, elle étire ses ailes au-dessus de son dos et…applaudit. Puis elle redescend, prend son élan et remonte pour répéter ses bravos. Ce vol extraordinaire sert de manifestation territoriale. Et s’adresse autant aux voisins qu’aux bondrées de passage qui longent le coteau en grand nombre certains jours. Une telle scène peut couvrir plusieurs centaines de mètres et être répétée des dizaines de fois à la suite. Arrivant tardivement d’Afrique, à fin avril ou au début mai, alors que les buses ont déjà des poussins, ce prédateur essentiellement insectivore, revient en couples déjà formés pour nicher aussitôt. Les rare aires découvertes en Valais se situent toutes au-dessus de 1000 m, bien qu’en été les familles bruyantes montent souvent au-dessus de la limite des forêts.

La bondrée laisse des traces visibles dans les prés : pour accéder au couvain des colonies de guêpes ou de bourdons, elle creuse des excavations de 10 à 20 cm sur 30, facilement reconnaissable aux lambeaux des rayons qui jonchent les alentours immédiats.

Insectivore, c’est en Valais qu’elle a ses plus importantes populations suisses. Mais la mutation agricole, si défavorable aux insectes, est à l’origine d’une réduction des espaces disponibles. Désormais, c’est sur les coteaux ensoleillés, au-dessus des vignes ou dans les prairies basses des vallées latérales qu’elle trouve sa pitance, ce qui ne l’empêche pas de visiter occasionnellement la plaine et de se montrer au château de Tourbillon, par exemple.

Gérald Murisier, photographe animalier à Orsières, a suivi une aire de bondrée, un élégant rapace insectivore qui hiverne en Afrique et dont la morphologie rappelle celle de la buse. Les couvains de guêpe, visibles sur ses photos, forment l’essentiel de la nourriture des jeunes. Mais nos bondrées prennent aussi des grenouilles, de jeunes oiseaux ou des lézards. Et c’est une composition magnifique qu’une bondrée s’élevant en spirales, un lézard vert retenu dans ses serres…..

Bibliographie

  • Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994

Article connexe



Outils personnels