Autres pouvoirs
De Wikivalais.
La période récente se caractérise par un renforcement, aussi discret qu’efficace, du pouvoir exercé par les milieux économiques. Alors que les crises pétrolières avaient généré des profits considérables pour les fournisseurs de courant électrique, le montant de la redevance par kilowattheure de puissance brut versé par les sociétés hydrauliques aux communes et aux cantons propriétaires des droits a peu changé de 1965 à 1985. Les décideurs économiques rechignent à redistribuer les bénéfices réalisés durant les périodes de croissance.
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Le pouvoir des grandes entreprises
Durant le courant des années 1970, le combat des producteurs d’abricots valaisans contre Alusuisse révèle le pouvoir des grandes entreprises. Organisés en Association de défense contre les émanations nocives des usines, soutenus par des communes et des groupes d’intérêts, les arboriculteurs tentent de nombreuses démarches juridiques pour obtenir une diminution des émanations fluorées. Déçus, les membres de l’Union des producteurs valaisans détruisent à l’explosif une ligne à haute tension près de Saxon, le 16 avril 1980. L’inertie, voire l’impuissance du canton et de la Confédération donnent la mesure des intérêts en jeu: le Département valaisan de l’environnement estime qu’entre 1908 et 1981, les rejets de fluor atteignent près de neuf tonnes par hectares. La contamination des sols est profonde (1,5m). Il est difficile d’évaluer les dégâts causés à la santé des travailleurs. Brandissant des menaces de suppression d’emplois, Alusuisse remporte la bataille.
Le pouvoir des médias
Ce type d’action est relayé par l’émergence d’un pouvoir dont l’importance s’accroît: celui des médias. Ils influencent nettement l’opinion publique à partir du milieu des années 1960. Dans le cas de la lutte contre les émanations fluorées, cinq mille articles de presse, des communications radiophoniques et des émissions télévisées font connaître l’action du comité de défense bien au-delà des frontières valaisannes. Pour lutter contre l’attrait exercé par la télévision, les journaux se modernisent et adoptent la couleur. Ces réalisations sont coûteuses; il faut attirer la manne des publicitaires et pour cela réaliser de grands tirages. Les groupes de presse bénéficient de cette phase de concentration; l’esprit consensuel se développe. En Valais, des journaux disparaissent, tandis que Le Nouvelliste et le Walliser Bote voient leurs tirages multipliés respectivement par trois et par quatre entre 1965 et 1985. Les journaux d’opinion connaissent des difficultés: leur modeste réservoir de lecteurs n’attire pas suffisamment de recettes publicitaires. Dans le Valais romand, Le Nouvelliste fait figure d’exception en se distinguant par un engagement politique actif. Les médias drainent l’intérêt du public, les débats de société se déroulent de plus en plus hors des sphères institutionnelles et politiques. L’influence des notables s’amenuise alors que le citoyen s’émancipe des figures dont la parole faisait autorité: le président de la commune, le curé de la paroisse, l’instituteur.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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